Ligne de partition de l’entrée et la sortie du taureau et de l’appel lors des courses camarguaises.

La course camarguaise une tradition locale

Une course camarguaise se déroule selon un rituel immuable, les raseteurs se présentent sur l’air de Carmen (Bizet) en saluant le public et la présidence (capelado). La course débute, une sonnerie à la trompette annonce la sortie du taureau. La porte du toril claque et le biòu passe de l’ombre à la lumière, dans la fougue ou dans le calme, la bête prend ses marques, pendant une minute, sous l’œil des raseteurs et des spectateurs. La  seconde sonnerie (appel sur la partition), plus courte autorise les hommes en blanc à raseter.

 

Rentrée et sortie du taureau et appel des raseteurs au raset .

Origine de la sonnerie

Je me suis interrogé sur l’origine de cette sonnerie, n’ayant trouvé aucune réponse auprès des gens de bouvine et simplement une partition sans détail de musiciens de peña , c’est sur le site très documenté de Bouvine et Traditions et l’article Èr di biòu que j’ai pu obtenir une explication .

“L’air est joué par une ou plusieurs trompettes.

L’air joué est celui appelé “ Le rassemblement ” et, dans l’armée, il fait partie des sonneries réglementaires à la trompette de cavalerie en usage depuis 1825 (modifié par les instructions du 18 juin 1912 et 10 juin 1922).

La phrase musicale est jouée ad libitum c’est à dire “à la volonté, au goût” de l’exécutant.”

 

Sonnerie militaire “Rappel pour Honneur”. 

Le tempo change mais l’air est là.

Date de son utilisation

A partir de quelle époque son utilisation s’est généralisé, Bouvine et Traditions apportent une explication Grâce à “Lou Tèfle” qui fait référence à des ouvrages de Laborieux, Pellen/Martel et Naudot, nous savons maintenant qu’en 1921 à Lunel, une trompette le jouait, qu’un clairon pouvait la remplacer et qu’un tambour l’accompagnait souvent et qu’en Languedoc on pouvait entendre un hautbois“.

Jacky Tourreau , écrivain taurin, amène certaines précisions “à l’époque le hautbois était par excellence un instrument populaire, il animait tous les événements festifs, bals , conseil de révision, conscrits. Son recul entre 1870 et 1925 est dû au développement très important des harmonies et fanfares qui l’ont remplacé par la trompette, le clairon et le tambour dans l’accompagnement musical  “.

Dans son ouvrage,  les Manades d’Antan , page 37  “Lansargues, mercredi 20 août 1919,  course  Manade Combet , les hautbois entonnent Carmen, notre belle favorite” peut-être une des dernières apparitions de cet instrument.

 

Les prémices de nouvelles règles

Toujours dans l’ouvrage les Manades d’Antan page 107  “A Nîmes, le dimanche 11 avril 1909, les 6 taureaux qui fourniront la course d’ouverture et qui proviennent de la manade Raynaud, paraîtront à cornes nues et seront porteurs de 90 francs de cocardes. Pour rendre la course intéressante il a été décidé que les razeteurs ne pourront essayer d’enlever les cocardes qu’après une sonnerie de trompette …”.

Avec son souci du détail qui le caractérise et ses connaissances il indique que lors d’une grande course le dimanche 6 juin 1909 à Vauvert “Pour être valables, les cocardes ne devront être enlevées que 2 mn après la sortie du taureau, une sonnerie de trompette annoncera aux amateurs le moment de razeter“.

Ces mesures annonçaient les prémices des règles de la course libre puis camarguaise.

Affiche de la Grande Course en 1909 à Vauvert
Affiche course à Vauvert en 1909 source Bouvine et Traditions

Une question en amenant une autre,  “qui est à l’origine du choix de cette sonnerie militaire ? “.

Mes sources :

Bouvine et Traditions, un site de référence de Mr Salva  lien article Èr di biòu 

Jacky Tourreau , passionné des coutumes , traditions camarguaises et de bouvine, captivant à écouter.   Merci!