You are currently viewing Porte ouverte sur un atelier coiffure un peu particulier à Beauvoisin
Préparation de la chevelure pour tourner les bandeaux

Ce soir-là, Sylvie Bénézet nous a ouvert la porte qui mène à son atelier, sa maison, sa passion.

Artisan d’Art depuis près de deux ans dans la confection de costumes d’arlésienne et d’amazone, elle donne également des cours de coiffe et de plissage.

En effet le costume d’Arles se distingue d’abord par une coiffe spéciale qui exige un temps de préparation important et des soins particuliers pour répondre aux codes en vigueur.

Au-delà de son savoir-faire de couturière, c’est bien la transmission des traditions provençales en matière d’habillement et de coiffure, qui est au cœur de sa vie.

Cette transmission est souvent affaire de famille, mais le mouvement des populations ou le regain actuel pour la sauvegarde des traditions, font que toutes les jeunes femmes n’ont pas accès à ce savoir transgénérationnel et doivent apprendre ces gestes séculaires auprès de personnes extérieures.

C’est à cette demande que répond Sylvie distillant patiemment son expérience en la matière.

« Qui t’a appris les gestes Sylvie ? »

« Je m’habillais dans le groupe Li Cabidoule du Cailar. C’est Huguette Berthalon qui faisait partie de ce groupe qui m’a tout appris et maintenant, j’apprends à mes propres filles et à celles et ceux (oui, il y a parfois des hommes !) qui m’en font la demande. »

Chaque étape est codifiée :

  • le gaufrage des cheveux (l’appareil électrique a remplacé avantageusement le fer à frisé qui chauffait sur le poêle),
  • la raie au milieu
  • la pose du peigne à 4 doigts du front
  • le crépage des cheveux de dessous pour que ceux de dessus restent lisses et esthétiques
  • l’enroulement des bandeaux retenus par des lacets entourés autour du peigne
  • la pose du dessus de coiffe pour cacher le peigne
  • puis celle du carton dans le ruban pessugué à l’arrière de la tête

Les techniques peuvent un peu varier en fonction de la nature du cheveu et de l’expérience de chacune, mais le rendu doit être identique pour toutes, avec deux bandeaux roulés sur les côtés, un peigne au sommet de la tête et un ruban entourant le peigne.

Cette coiffure est celle des femmes. Les fillettes portant le bonnet jusqu’à l’âge de 7 ans, ensuite, elles deviendront Mireïeto lors d’une cérémonie et pourront porter la cravate jusqu’à ce qu’enfin, devenues femmes, elles arborent le ruban au terme d’une cérémonie ritualisée, la « Festo Verginenco ».

Parmi les élèves ce soir-là, une Mireïeto venue avec sa mère.

« Ce n’est pas vous qui la coiffez ? »

« Non, je ne suis pas née dans la région. Je n’ai pas porté le costume mais j’aime beaucoup ces traditions et quand ma fille, qui est née en Arles, m’a demandée de le porter il y a deux ans, j’ai accepté sans hésiter ».

Avec fierté et détermination, ces jeunes femmes affirment leur féminité et leur identité au travers de traditions qui évoluent avec le temps, faisant de ces coutumes, non pas un folklore obsolescent, mais une tradition vivante et élégante.

Pour tout renseignement :
Eleganço – Mme Sylvie BENEZET – 278 IMPASSE DE L’ESQUILLON – 30640 BEAUVOISIN
06 24 65 75 92 – sylvie.benezet@hotmail.fr

Elisabeth Roux

Originaire de Beauvoisin, passionnée de musique, d’écriture, de lecture et de culture, c’est avec beaucoup de plaisir que j’ai rejoint l’aventure collective de Voir Plus pour amener ma pierre à l’édifice et soutenir la culture de mon village et de cette Petite Camargue que j’aime tant, dans toute sa diversité et sa richesse.
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