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Nîmes 1952 - Gandar sur Labrado - Collection Jacques Blatière

Il est parfois des destins hors normes parmi les hommes comme il en est parmi les animaux.

je vais vous conter l’histoire d’un grand taureau qui a défrayé les chroniques de la bouvine dans les années 1950 : Gandar de la manade Blatière

Gandar vit le jour en 1942; Il était haut sur pattes, chétif avec des cornes larges et puissantes d’où son premier nom : « Grandes Bannes ». Il accusait même une boiterie des pattes arrière, c’est dire l’aspect particulier qu’il pouvait présenter et en 1946 lors d’une course, il se révéla ; ce qui lui permit d’éviter de partir à l’abattage. Qu’à cela ne tienne, il tira sa force des frasques qu’il faisait et ses manadiers lui donnèrent alors le nom de Gandar*.

En 1948, à Lunel, Lucien Volle et Charles Fidani raseteurs émérites lui font accomplir un quart d’heure mémorable. Sa carrière est lancée , Gandar règne en maître sur les pistes avec les plus grands cocardiers.

La Royale de Blatière* (6 Taureaux dont Gandar) sort en piste à Nîmes et se montre éblouissante le 25 septembre 1950.

De retour aux prés, à l’entrée de Vauvert, au passage à niveau, le char qui transportait la royale est happé par un train* qui pulvérise le convoi. Un taureau fut tué, deux gravement blessés deux s’en sortirent indemnes ; Quant à Gandar, il s’échappa et ne fut retrouvé que deux jours plus tard, blotti dans la campagne, par son gardian André Blaquère qui le ramena docilement tant son état était sérieux à la manade. Il avait la corne droite arrachée, des côtes fracturées et une blessure à la patte arrière. Grâce à sa bonne constitution et aux soins de son gardian, il se remit de ce terrible accident. Dans l’année 1951; il reprit le chemin des arènes ce qui lui permit d’appréhender et de faire de son handicap sa force.

1952, Gandar retrouve alors toute sa force, sa hargne, son intelligence face aux raseteurs qui osent l’approcher. Il utilise sa seule corne comme unique défense et s’allonge encore plus au dessus des barrières mettant sérieusement en difficulté les hommes qui essayent de rentrer en lui, se faisant parfois déshabiller ; Fidani (son plus grand adversaire), Roman, Ayme, Antoine, furent parfois mis en grande difficulté face à un adversaire courageux, intelligent, puissant et brave.

1955, il se vit attribué la consécration suprême à l’unanimité de BIòu d’Or à Arles.

Il courut jusqu’en 1958 et en 1959, il foula une dernière fois la piste avant de prendre une retraite bien méritée en retournant dans les près qui l’avaient vu naître

Gandar s’éteignit en 1963, il est dit que c’est le raseteur Fidani qui abrégea ses souffrances (presque aveugle et grabataire) comme un dernier hommage à celui qui fut son adversaire ; la légende de Gandar naquit !

On le statufia à Vauvert.

Photos – Collection Jacques Blatière

* En provençal, « gandar » signifie coquin, malicieux, filou
* Royale de la manade Blatière le 25 septembre 1950 : Mioche, Lebret, Mécano, Vanneau, Coulobre, Gandar
* En l’occurrence, l’autorail qui ramenait les voyageurs sur la ligne Nîmes-Le Grau du Roi

Inauguration de la statue de Gandar à Vauvert le 19 août 2000 – Photo Emile Grande

Marie-France Sabatié

Passionnée de bouvine, je partage par l'écriture mon ressenti, ma passion sur ce qui fait la richesse de ce terroir, courses camarguaises, traditions, manades, ...
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