Le Syndicat des nappes Vistrenque et Costières sera dissous en fin d’année mais ses missions se poursuivent au sein de l’EPTB (Etablissement public territorial de bassin) Vistre Vistrenque à compter du 1er janvier 2020.

Le Syndicat Mixte des Nappes Vistrenque et Cotières a célébré son dernier comité syndical le 3 décembre à Aubord en présence des élus et de l’équipe technique du Syndicat.

L’origine du Syndicat

Créé à l’initiative des élus des communes du Sud de la nappe de la Vistrenque le 4 juillet 1986, à la suite de plusieurs années de sécheresse et des difficultés d’approvisionnement en eau potable, le Syndicat a alors pour vocation d’acquérir la connaissance du fonctionnement de cette nappe d’eau souterraine. Source d’alimentation, parfois unique, de la majorité des communes de la plaine du Vistre, cette nappe constitue une ressource en eau précieuse pour le territoire, rappelle Sophie Ressouche (Directrice).

Si la ressource en eau souterraine apparait suffisante, moyennant une pluviométrie normale, pour satisfaire les usages, la présence de nitrates est décelée parfois en concentration excessive.

Le Syndicat engage alors des partenariats pour comprendre l’étendue et l’origine de la pollution par les nitrates et optimiser les pratiques culturales pour minimiser la pollution de la nappe (DREAL (DIREN à l’époque), Chambre d’Agriculture du Gard, INRA et l’Agence de l’Eau). C’est également à cette époque que sont mis en place les réseaux de surveillance des eaux souterraines : surveillance des niveaux et de la qualité de l’eau (nitrates).

L’extension à l’ensemble des communes de la nappe de la Vistrenque

Face à l’étendue de la pollution par les nitrates et dans une logique de gestion globale de la nappe de la Vistrenque, le Syndicat est élargi aux communes du Nord de la Nappe. Il s’engage alors une démarche de gestion en bien commun de cette ressource en eau souterraine utilisée pour tous les usages.

Le Syndicat s’implique dans la mise en œuvre d’une politique d’information et de conseil auprès du monde agricole en partenariat avec la Chambre d’Agriculture, la DIREN et l’Agence de l’Eau : l’opération Ferti-Mieux. En 2000, le Syndicat s’intéresse aux pesticides et complète ses réseaux de surveillance. La protection de la ressource contre la pollution par les pesticides devient alors une préoccupation majeure du Syndicat et le reste encore aujourd’hui.

Un SAGE, pour mieux gérer les eaux souterraines

En 2003, le Syndicat initie une démarche de SAGE (Schéma d’Aménagement et de Gestion de l’Eau). Le SAGE, démarche de planification de la politique de l’eau sur un territoire, est élaboré en concertation avec l’ensemble des acteurs du territoire. Les réflexions liées à cette démarche ont eu un effet fédérateur et de nouvelles collectivités ont rejoint le syndicat souhaitant s’associer au projet de SAGE. Le Syndicat élargit son territoire de compétence aux nappes des Costières. Le SAGE intègre également la gestion des cours d’eau et des milieux et la démarche est portée en commun par le Syndicat et l’EPTB Vistre.

Les captages prioritaires

En 2009, le Grenelle de l’Environnement identifie 507 captages d’eau potable contaminés par les pollutions diffuses (nitrates et pesticides), le chantier national « captages prioritaires » s’engage alors.

Localement les démarches de protection des captages d’eau potable menacés par les pollutions diffuses avaient déjà démarré. Aujourd’hui 19 captages prioritaires sont identifiés dans les nappes Vistrenque et Costières et les collectivités gestionnaires de ces captages ont engagé les démarches de restauration de la qualité de l’eau en partenariat avec le Syndicat, l’Agence de l’Eau, les services de l’Etat, la Chambre d’Agriculture, la SAFER …

En 2019, Nîmes Métropole confie l’animation de la mise en œuvre des plans d’actions visant à restaurer la ressource en eau dans les aires d’alimentation des captages prioritaires, au Syndicat qui recrute deux animatrices pour compléter son équipe.

La préservation de l’eau potable pour l’avenir

En réponse à la réglementation européenne qui fixe des objectifs pour protéger les ressources en eau et limiter les traitements de potabilisation de l’eau, les « ressources stratégiques pour l’alimentation en eau potable actuelle et future » ont été identifiées. Les nappes Vistrenque et Costières, qui assurent 40 % des besoins en eau du territoire, figurent parmi les « ressources stratégiques pour l’alimentation en eau potable ».

Le Syndicat, soutenu par l’Agence de l’Eau, a délimité en 2016, 13 « zones de sauvegarde » au sein des nappes Vistrenque et Costières. Il s’agit des secteurs de nappe déjà exploités pour l’alimentation en eau potable actuelle et des secteurs non encore exploités mais qui présentent des intérêts pour une exploitation future et qu’il convient donc de préserver pour l’avenir.

Vers une structure unique …

Depuis 15 ans, le Syndicat du Vistre entretien les rivières et leurs berges. Il a restauré la morphologie et la fonctionnalité du Vistre – autrement dit « revitalisé » – sur plus de 10 km et programme de revitaliser un linéaire équivalent d’ici 5 ans.

Sécheresse ou inondations, changement climatique et protection des ressources en eau, restauration de la biodiversité des rivières … Le Syndicat des Nappes et le Syndicat du Vistre œuvrent depuis longtemps pour une gestion concertée et équilibrée de l’eau. Intervenants sur le même territoire, constitués peu ou prou des mêmes membres : l’agglomération de Nîmes métropole, les communautés de communes de Rhôny Vistre Vidourle, de Petite Camargue, de Terre de Camargue et du Pays de Sommières, leur union est devenue incontournable.

La fusion des deux collectivités aura nécessité un an de travail et sera effective le 1er janvier 2020, explique Mr Ledoux (chargé de la fusion des 2 syndicats).

Dorénavant, l’étude, la surveillance et la gestion du grand cycle de l’eau seront assurées par un acteur unique : l’EPTB Vistre Vistrenque, un acteur au service de l’aménagement et du développement durable. Mr Tricou, président du Syndicat des Nappes Vistrenque et Costières, témoigne du long chemin parcouru et de l’important travail collectif accompli pour aboutir à une structure unique au service du territoire et se félicite de la mise en place de « cet outil performant ».

Les préoccupations actuelles et les chantiers de demain de l’EPTB Vistre Vistrenque

La nouvelle structure aura 4 missions principales :

  • La revitalisation et l’entretien des cours d’eau
  • La gestion du risque inondation
  • La mise en œuvre du SAGE qui sera adopté en début d’année 2020.
  • La gestion de la ressource en eau souterraine : la lutte contre les pollutions, la protection des captages prioritaires et la préservation des zones de sauvegarde pour l’alimentation en eau potable future.

Enfin le grand chantier pour l’avenir réside dans l’anticipation des besoins futurs et l’évaluation de la capacité des nappes à y répondre. Dans le contexte de changement climatique annoncé, avec des recharges hivernales plus faibles, des nappes déjà sensibles à l’absence prolongée de précipitation et des besoins en eau croissant sur le territoire, tout l’enjeu réside dans la capacité à poursuivre la satisfaction des usages tout en veillant au maintien de l’équilibre quantitatif des nappes.

Le président et l’équipe technique tiennent à remercier l’ensemble des participants à cette manifestation qui en ont fait un moment d’échanges et de convivialité.

Sophie Ressouche