Sa passion des traditions camarguaises a démarré à 4 ans avec le cheval. « Ma grand-mère qui avait gagné 10 000 francs au tiercé m’a offert un poulain, on ne sait pas pourquoi mais elle a bien fait ! » Lui qui grandit à la Grande-Motte découvre le milieu taurin avec son Camargue et à 13 ans devient amateur à la manade Aubanel. De 1990 à 1994 il travaille à la manade Laurent puis se met à compte pour se lancer dans l’élevage des chevaux.

Aujourd’hui le manadier administrateur de l’association des éleveurs de chevaux race Camargue a une soixantaine de chevaux d’origine Jalabert et Laurent dont une quinzaine de poulinières et de naissances, sept beaux étalons. « J’ai eu la chance de faire naître Maestro de Laute, l’un des plus demandés en Camargue ces dernières années. Il m’a permis de développer mon élevage. »

De son premier amour naissent de magnifiques spectacles autour de la culture camarguaise, l’histoire des traditions et le pastoralisme. « On essaie de donner différentes émotions, spectaculaires, émouvantes. »  Les chevaux montés ou en liberté côtoient les taureaux dans des scènes de vie anciennes. La chorégraphie et la musique sont pensées par le couple Vinuesa et les amateurs, tous participent. « J’aime faire connaître notre vraie vie et j’ai coutume de dire que l’on n’est pas déguisé mais habillé comme au quotidien. On ne joue pas un rôle. C’est à la fois un atout et une contrainte parce que l’on a un cadre que l’on ne peut pas dépasser, on ne peut pas faire n’importe quoi avec notre culture. On pousse juste un peu les limites ! »

Après vingt ans de spectacle Renaud et sa femme Mylène étudient chaque représentation pour s’améliorer encore. Ils ne cherchent pas les récompenses mais le partage. « Notre vœu est que les gens apprécient et que nos chevaux et nos taureaux soient valorisés et respectés. »

Renaud lui respecte le tourisme. « Pour moi, c’est de l’échange et du partage. Il ne faut pas le voir uniquement comme un gagne-pain. » Il accueille des hôtes dans son mas de la Laute au Cailar, l’ancien mazet de Raynaud qui y gardait ses bêtes.

Son second amour est venu six ans après en 2000. Une devise blanche rehaussée d’écru comme ses chevaux. Renaud rachète une dizaine de vaches de la manade Ricard et prend des étalons Cuillé et Rouquette, origine Baroncelli. « J’ai été à nouveau chanceux d’avoir Guépard comme reproducteur avant qu’il soit Biòu d’or, puis Danton. » Ce sont près de deux vents taureaux qui pâturent au Cailar et à Saint-Laurent d’Aigouze avec une soixantaine de vaches, une dizaine de cocardiers.

La manade devait fêter ses 20 ans cette année. « On va essayer de faire quelques événements » soupire Renaud, « ce n’est pas facile, l’année est très compliquée. » La saison taurine n’a redémarré que ce vendredi 17 juillet à Roquemaure avec deux taureaux jeunes, les premiers à sortir. « On a fait des courses emboulées pour les maintenir en forme » complète le manadier « On essaie de continuer le travail de sélection mais c’est difficile. » Il est cependant content des premiers résultats. Des taureaux en devenir comme Albigeois et Escapa ont gagné plusieurs trophées en 2019 et sont prometteurs.  « Il n’y a plus qu’à pour les faire courir ! On garde espoir malgré la crise bien que la reprise soit tardive » poursuit Renaud, « on languit de faire notre métier et courir les bêtes ».

Mas du Pont de Laute Le Cailar. Contact 06 12 93 63 48