On dit des Cailarens qu’ils sont des Gaulois. Le site de fouilles archéologiques du village semble donner raison à cette rumeur !
L’histoire a commencé il y a vingt ans, après la découverte au cimetière de sculptures en pierre en creusant un caveau. Le chantier, ancien comptoir protohistorique, à priori, une passerelle entre Marseille et Lattes, a été lancé en 2002, conduit par Réjane Roure, maître de conférences en archéologie à l’université Paul Valéry de Montpellier. Spécialiste de la protohistoire, plus particulièrement des populations de l’âge du fer en Gaule méditerranéenne. Ses domaines de recherches, les pratiques rituelles, les contacts et les échanges entre populations de l’Europe occidentale et méditerranéennes.

Le petit périmètre à la sortie du Cailar à côté du terrain de boules est bien connu des habitants et une de leurs fiertés. Il est notamment célèbre pour ses crânes sortis du site datant du 3ème siècle avant J.C. Une cinquantaine avec la panoplie du guerrier gaulois, chaîne, casque, lances ou autres armes.

L’association Litoraria a été créée à cette occasion il y a près de 20 ans pour valoriser l’histoire et l’archéologie en Petite Camargue avec des sorties, visites, conférences. Elle a organisé une visite des fouilles du Cailar en septembre dernier qui a attiré de nombreux cailarens et autres passionnés d’histoire ou simples curieux. La visite était intitulée « Le Cailar au temps des Gaulois »…
Des étudiants en archéologie accompagnaient le groupe.

Le guide, Omar, qui  suit le chantier depuis 2013 a régalé les visiteurs avec des détails sur les fouilles et les découvertes successives.
« La vision du Gaulois barbare ce sont des écrits romains qui ont fait parvenir cela » explique-t’il, « et pourtant ils ont inventé le savon ! Pour le rite des têtes coupées on pense qu’ils collectionnaient les têtes de leurs ennemis qui étaient précieuses pour eux. Ils les mettaient chez eux, en respect aux anciens, aux nobles guerriers et pour se rendre fort. »
Cette année les « fouilleurs” étaient une dizaine seulement au lieu du double d’ordinaire. Ils devaient notamment faire sauter une partie du rempart pour chercher un éventuel rempart plus ancien en-dessous. La découverte de ce rempart en 2005 a permis de mesurer également l’importance du site.
Plus récemment un travail sur la place centrale a été effectué faisant apparaître les vestiges d’une habitation et la découverte d’un squelette de nouveau-né enterré dans son enceinte.

Le public très attentif a demandé pourquoi les pièces ne sont pas exposées dans un musée au Cailar car de nombreuses poteries ont également été déterrées, des d’amphores massaliennes, de Grèce, ibériques ou étrusques en quantité démontrant une grande activité d’import et export. Le coût pour exposer les découvertes fragiles, notamment les métaux, serait très élevé. Les Cailaren peuvent cependant les admirer en attendant au musée de la Romanité à Nîmes.
“Nous sommes bien descendus déjà” conclut Omar mais nous avons certainement encore des découvertes à faire.