L’ouvrage du Cailaren Alain Fournier sur  les Cévennes a consacré ses 50 ans et ceux du parc naturel.
Son âme d’enfant est toujours dans les Cévennes et elle se retrouve dans les photographies de son dernier ouvrage sur le parc national.

Alain Fournier vient de fêter ses 50 ans lorsque sort en novembre 2020 Cévennes sauvages. Prévu au printemps, le livre a été retardé par la crise sanitaire. C’est seulement après coup que le photographe animalier et reporter réalise que le parc est né la même année que lui. 1970. « Sa naissance a été décriée à l’époque car il y avait des zones habitées » précise-t-il, « mais c’est ce qui le rend atypique et intimiste ». Ce qui pourrait paraître comme un paradoxe s’explique par la cohabitation parfois difficile entre l’activité humaine et les animaux, plus farouches. « Ils ne s’habituent pas à cette présence, notamment avec la chasse ».
Un parc d’autant plus sauvage que sa superficie est immense, vallonnée, avec des forêts à foison. Une géographie variée, qui s’étend de l’Aigoual au Mont Lozère. La faune s’y cache facilement et reste mystérieuse. Cela accroît la difficulté du photographe mais rend aussi son travail plus attirant. « L’observation et le pistage font partie du jeu » affirme-t-il. Un jeu de patience, l’affût, repérer traces, indices, coulées, arbres écorcés avec les bois, empreintes, souilles, excréments. Tout cela, Alain, autodidacte, l’a appris au fil de ses reportages.

Le climat tourmenté aussi offre de belles lumières, alternant soleil, nuage, pluie, vent. Des paysages intéressants en toute saison, tôt le matin ou en fin de journée, quand la nature se pose. « Je suis plus animalier mais j’ai laissé une part belle au paysage. » Oiseaux, insectes, fleurs, animaux emblématiques comme le cerf, mouflon, renard, sanglier, écureuil. Un recueil magnifique d’impressions  humaines et d’expressions animales.

Alain a collecté ses clichés cévenols depuis huit ans. « Ce projet me tenait à cœur. Mes souvenirs sont gravés, cabanes, jeux de rivière, randonnées. Je suis heureux qu’il y ait un ouvrage pour les 50 ans du parc » Il a voyagé partout, dans des régions insolites, mais ces montages gardoises et lozériennes lui ont toujours apporté une échappatoire au quotidien. Une beauté naturelle à préserver. C’est aussi le rôle de ses reportages, montré sa fragilité et sa rareté, malmenées par de nombreux facteurs, humains mais aussi climatiques.

Le confinement ne fait pas peur au photographe qui réside au Cailar. Il a certes dû mettre ses valises de côté, mais le vrai confinement est pour lui le mode vie actuel, l’enfermement derrière des écrans, la vie passive. « Il y a tant de belles choses à explorer autour de soi ! »

Cévennes sauvages, 144 pages, 25,90 € ; En vente en librairie, sur le site des éditions Alcide et www.facebook.com/AlainFournierPhoto