L’association pour « l’Aide à l’inscription au Patrimoine Culturel Immatériel de l’Unesco des Cultures Camarguaises » a tenu sa première assemblée générale le samedi 6 avril au Centre du Scamandre. Les initiateurs de la démarche, valorisante à la fois pour ce territoire emblématique, pour ses acteurs, et pour tous ceux qui y sont attachés, ont présenté le projet associatif, ses enjeux, sa genèse.



À l’origine du projet : la Fédération Française de la Course Camarguaise

En 2009, 2010, une première démarche de reconnaissance est engagée par la FFCC et son président de l’époque, Henri Itier. Le projet trop focalisé sur la course camarguaise n’est pas retenu par l’UNESCO. Les sports en tant que tels ne sont pas éligibles au titre du patrimoine culturel immatériel. Quelques années plus tard, la nouvelle équipe fédérale sous l’égide de Jacques Mailhan et Hadrien Poujol crée une commission culture et patrimoine en son sein, présidée par Florent Lupi, afin de relancer le dossier sous un autre angle, où la course camarguaise s’inscrit dans un ensemble plus global autour de « la Bouvine » et du « Taureau Roi ». Et bien sûr, tout ce qui tourne autour de la bouvine : l’élevage des taureaux et des chevaux, en premier chef, mais également, les traditions, la culture, l’art artisanal, le tourisme. Un tourisme qui s’appuie sur les spécificités paysagères de la Camargue, sa faune et sa flore exceptionnelles.

Cette nouvelle approche est encouragée et relayée auprès du ministère de la culture et des collectivités territoriales par le député de l’Hérault, Patrick Vignal, et aussi par nombre d’élus, dont Jean Denat, conseiller régional d’Occitanie, Bernard Reynès, député des Bouches-du-Rhône.

Un collectif associatif qui regroupe des acteurs de la course camarguaise, de la culture, de l’environnement, des Universités, de l’État et des collectivités, du tourisme et de l’agriculture se met en place et le 30 novembre 2018 est constituée l’association pour « l’Aide à l’inscription au Patrimoine Culturel Immatériel (PCI) de l’UNESCO des Cultures Camarguaises ».

Président : Florent Lupi, Manadier, Vice-président de la Fédération Française de la Course Camarguaise

Vice-président : Jean Mangion, Maire de Saint-Etienne du Grès, Président du Parc Naturel Régional des Alpilles

Vice-président : Jacques Mailhan, Manadier, Président de l’Association des Éleveurs de Taureaux de Course Camarguaise

Secrétaire : Annelyse Chevalier, Chargée de la communication et de la culture de la ville des Saintes-Maries de la Mer, membre du conseil d’administration de la FFCC

Trésorière : Christel Besser,  membre du conseil d’administration de la FFCC

Membres : Serge Colombaud, Sébastien Attias, Directeur du GDS 13, Jean Jalbert, Directeur de la Tour du Vallat, Tierry Trazic, Président des Éleveurs de Chevaux de Race Camargue

À l’occasion de cette première assemblée générale, le président Florent Lupi a mis l’accent sur les enjeux du projet et son évolution.

« Il importe de valoriser et promouvoir toutes les valeurs qu’il y a  autour du culte du taureau, de cet art de vivre, de faire la fête autour du taureau mais aussi de voir le lien intrinsèque avec son territoire. Parce que, c’est la terre qui fait le taureau. Et ces espaces naturels, la Camargue, la Petite Camargue, des espaces tels que la plaine de la Crau, ces lieux emblématiques où le taureau s’épanouit accompagné du cheval de race Camargue – car sans le cheval, on ne peut pas travailler dans les taureaux. Et puis, dans l’art de vivre, il y a aussi tout un vocabulaire, une langue régionale, profondément ancrée dans ce terroir, et aussi, des codes vestimentaires, la tenue gardiane, les costumes d’arlésienne. C’est tous ces éléments là que nous souhaitons définir dans un certain périmètre, de la culture camarguaise, autour des valeur du taureau de Camargue et de cet art de vivre. »

L’association qui appelle tous les acteurs des cultures camarguaises à se mobiliser autour de ce grand projet de valorisation des patrimoines immatériels multiplie en même temps les rencontres, les échanges avec d’autres territoires européens, en Italie, en Espagne et en France avec la région des Landes. Obtenir la reconnaissance de l’UNESCO, ça passe aussi par un esprit d’ouverture et de partage.

Photo de Une : Jean-Pierre Trouillas