Ce matin de fête, j’ai rendez-vous avec Irys, cela fait bien longtemps que je ne l’ai pas vu. Irys a grandi à Vauvert, elle est allée au collège de la Vallée verte, a fréquenté l’école de musique en classe de Chant et de Harpe puis elle est partie, jeune étudiante dans le cinéma à Montpellier puis à Paris.

Elle travaille aujourd’hui comme assistante monteuse pour une web série produite par France télévision et se partage entre Paris et Vauvert. Ce qui l’intéresse le plus reste le travail d’écriture, j’adore écrire – dit-elle – des scénarios, des synopsis, etc.

Une distinction lors d’un nouveau festival nîmois

Quand je la retrouve, elle a changé, c’est devenu une jeune femme épanouie de 30 ans qui vient de recevoir, pour son court métrage de fin d’étude, une distinction lors du nouveau festival nîmois créée par Sarah-Cheyenne Santoni et Sarah Croquelois étudiantes du master fiction, Festival Nîmes en court. Le thème du nouveau festival est l’adolescence. Irys décide alors de participer pour que Le grand saut réalisé en 2014 soit vu et parce que le thème de l’adolescence n’est pas souvent le thème d’un festival, elle ne souhaite qu’une chose, que son film soit vu et puis… surprise … elle obtient le prix de la presse.  Les deux thèmes du grand saut sont l’adolescence et la mort. Elle a travaillé à l’époque avec l’association vivre son deuil. Elle décide avec la coscénariste, de traiter la mort différemment. C’est un sujet qui lui tient à cœur. Elle a connu le deuil jeune et l’adolescence a été un moment difficile pour elle, elle a dû vivre sans son papa, mort alors qu’elle était très jeune et avec une maman qui a dû jouer les deux rôles ! Le parti pris du film, traiter la mort avec l’humour, était un pari risqué mais finalement gagné !  A la fin du film, Thomas le personnage principal, qui a perdu son meilleur ami, saute à l’élastique. Le compte à rebours est lancé, Thomas compte 1, … 2, … la voix de son ami mort prend le relais…3 ! Thomas s’est mis en danger soit il part rejoindre les morts soit il va vivre ! Et finalement il vivra ! Ça y est la mort est exorcisée ! Il faut connaître la mort pour dépasser le chagrin et le manque… Transformer la douleur en force… pas facile, profiter de la vie pour honorer ceux qui ne sont plus là. Il faut positiver car les défunts font toujours partie de nous, ils existent toujours pour nous et leur souvenir est une force, un leitmotiv. Irys me parle abondamment de son père, Renaud Victor, réalisateur de plusieurs documentaires et notamment de celui réalisé en 1991 sur l’univers carcéral à la prison des Baumettes : « De jour comme de nuit ». Son choix de faire de la réalisation n’est bien évidemment pas anodin ! Son frère aussi est dans le cinéma, il est chef opérateur… c’est une histoire de famille !

Elle est très heureuse d’avoir obtenu ce prix et nous lui souhaitons bien sûr de pouvoir réaliser encore beaucoup de films et d’avoir les moyens de mener son travail comme bon lui semble !

Une pensée toute particulière à Cathy qui mérite elle aussi un prix ! N’oublions pas les vivants !

Quant à moi je ne suis pas peu fière d’avoir participé au projet ulule en donnant, certes, une somme très modique, pour le financement du Grand saut, mais j’avais envie, déjà, de suivre Irys car je pensais qu’elle ferait quelque chose de bien ! C’est tout naturellement que je promets à Irys d’œuvrer activement pour la projection du grand saut à Vauvert dont quelques scènes ont été tournées sur la place Gambetta et vers la gare. A bon entendeur… Salut !