Le spectacle de ce dimanche est dans la droite lignée du pur théâtre de boulevard dont l’objectif est le divertissement. Cette pièce comporte trois personnages avec en intrigue principale une enquête policière et en filigrane un renversement des rôles, deux inspecteurs de police se retrouvent les adjoints d’un agent féminin du FBI.

L’action se déroule en 1956 à Walnut Grove en Pennsylvanie dans une ville de 12 000 habitants et où le taux de criminalité est nul. Les journées sont longues pour les deux inspecteurs O’Donnell et Macklowski. Enfin un braquage au musée va mettre fin à leur oisiveté, un joyau inestimable a été dérobé.

À partir de là, l’enquête va pouvoir commencer et se poursuivre avec l’arrivée d’une femme très séduisante qui se trouve être un agent du FBI. Nous allons avoir droit à toutes les remarques machistes, misogynes et phallocrates à l’égard d’une femme flic parce que ces deux messieurs ne peuvent pas accepter qu’une femme ait un cerveau ainsi qu’une plastique parfaite ! Était-il nécessaire de situer l’intrigue dans les années 50 ?!!?

Finalement l’intelligence triomphant toujours, quel que soit le sexe, le coupable sera démasqué, et ce, par l’agent Coddy Portman (FBI). L’inspecteur Macklowski sera arrêté après avoir tenté de corrompre son collègue l’inspecteur O’Donnell qu’il paraît apprécier un petit peu plus qu’il ne le devrait selon la morale en vigueur dans l’Amérique des années 50.  

Pari gagné pour ce spectacle qui a rassemblé un peu plus d’une centaine de spectateurs et  nous a divertis par un humour d’opposition et de caricature. Malgré le déroulement et l’intrigue dans la tradition du théâtre de divertissement, les rapports hommes-femmes évoqués dans le cadre de la société américaine d’après-guerre et les éclats de rire déclenchés par les joutes verbales, illustrent bien, le fait que les problèmes évoqués ne sont visiblement toujours pas résolus.

Les comédiens, Esther Barbe Quesnel, Arnaud Nucit, Vincent Vilain, sont des professionnels, une diction parfaite dans une salle où l’acoustique ne l’est pas, une gestuelle adaptée dans une mise en scène de Benjamin Waltz, la bande son, quoique un peu forte, est techniquement très au point et des lumières parfaitement ajustées afin de créer l’ambiance appropriée à chaque tableau.