Le 16ème Concours d’abrivado qui s’est déroulé le jeudi 24 mai 2001 a débuté avec le défilé de la peña St Etienne du Grès et des attelages de Petite Camargue. Les trophées et récompenses ont été remis par les élus et le groupe folklorique Li Cabidoulo.

Présidé par Morade Bourmel, le jury a ainsi décerné les prix :

1er manade Aubanel-Santenco avec 1017 points. Elle avait déjà remporté la victoire en 1987, 1988 et 1989.

2ème manade Vitou avec 986 points. Il avait participé au concours en 1992 et 1997.

3ème manade du Delta, menée par Jean-Luc Gire avec 971 points.

4ème manade Rambier-Vellas  960 points, qui pour sa première participation frôle la 3ème place.

Durant le dépouillement du vote, une abrivado a été menée par des raseteurs avec des chevaux et des taureaux fournis par la manade l’Amista.

Jean-Pierre Masse et le Groupe Vidéo Amateur Vauverdois ont filmé cette magnifique journée. Après le défilé des Attelages de Petite Camargue , ils nous proposent deux vidéos qui illustrent le 16ème concours d’abrivado.

Première vidéo :
Tirage au sort pour l’ordre de sortie – Présentation des manades aux membres du jury – Le concours des 4 manades

Deuxième vidéo :
Abrivado des Raseteurs – Proclamation des résultats du concours et remise des prix – Bandido de clôture

Jean-Pierre Masse, un passionné d’images, amateur des traditions camarguaises

Près de quarante ans qu’il pose sa caméra sur les gradins des arènes.

Jeune mécano-auto dans le garage paternel, c’est en Polynésie française où il vient d’être « parachuté » pour faire l’armée qu’il réalise ses premières photos.

«  À l’époque en Polynésie, je faisais de la photo. Et comme au départ, je n’avais pas beaucoup de sous, j’envoyais mes pellicules à mon oncle à Nice, qui était traducteur pour Paris Match, il me piquait les belles photos pour les mettre dans Paris Match et il m’envoyait des pellicules neuves. Ensuite, il faisait passer les photos à ma mère à Vauvert ».

Après l’armée, embauché dans une entreprise à Mururoa, il continue à capter la magie de l’île corallienne.

De retour en métropole au début des années 1970, avec un collègue, ils décident de se mettre à la caméra. Plus précisément au caméscope. Les prises de vue se font au format VHS, le format analogique, et sont enregistrées sur des cassettes. Le montage s’effectue avec un magnétoscope.

Tout naturellement, la Camargue, ses traditions, les courses de taureaux deviennent son sujet de prédilection. Et, en 1986, le premier concours d’abrivado arrive à point nommé.

« Le premier et le second, je les ai faits pratiquement tout seul, et il n’en reste pas grand chose.

Après, j’ai demandé aux collègues s’ils étaient d’accord pour qu’on fasse le concours d’abrivado à plusieurs caméras. Alors, ce que je faisais, je leur offrais le déjeuner le matin – dès 8 heures, on venait déjeuner au garage tous ensemble, je donnais des cassettes neuves à chacun, suivant le format de leur caméra et après le concours, le soir, je récupérais tout.

Nous avons démarré à cinq ou six et nous nous sommes retrouvés jusqu’à onze. C’est ainsi que nous avons constitué le GVAV (Groupe Vidéo Amateur Vauverdois).

Le groupe a fonctionné jusqu’à l’arrivée du numérique au début des années 2000. Quand le numérique a fait son apparition, certains se sont équipés en nouvelles caméras d’autres pas. La disparité du matériel et des formats est devenue un casse tête. Alors, pour moi qui réalisait le montage, c’était la galère. Il fallait tout ré-numériser, tout refaire.

Mais le numérique a quand même révolutionné la création vidéo ».

Au-delà du plaisir de filmer les évènements camarguais, les ferrades et autres manifestations de bouvine, Jean-Pierre  Masse a envie de faire partager sa passion.

Depuis le début en 1997, il est de l’aventure du Festival du film taurin de Saint-Geniès-de-Malgoirès autour de François De Luca. Il y participe aussi bien en tant que réalisateur, qu’organisateur.

 « Ce qui me plait le plus, ce n’est pas d’arriver premier ou second, d’être primé ou pas, c’est de faire voir les films que nous réalisons et répondre à l’attente du public et des aféciouna ».

À 77 ans, Jean-Pierre Masse n’a rien perdu de son enthousiasme. Le plaisir de filmer, la passion de la culture camarguaise sont toujours là, intacts. Et malgré, le contexte de crise sanitaire, il n’a qu’une hâte : retrouver le chemin des arènes.