Avec ses copains vidéastes amateurs vauverdois, Jean-Pierre Masse a filmé les concours d’abrivado depuis la création de cet évènement festif en 1986. Des heures et des heures d’images vidéo stockées sur cassettes et disques durs, triées et sélectionnées ensuite pour le montage de films.

À partir de deux longs métrages, il nous propose de revivre les concours d’abrivado de 2001 et de 2009.

Nous commençons aujourd’hui par découvrir une séquence vidéo sur les Attelages de Petite Camargue.

L’occasion de nous replonger dans des souvenirs pas si anciens, de revoir des personnalités qui ont marqué Vauvert, dont le regretté Jean Brunel, initiateur du concours d’abrivado.

Jean-Pierre Masse, un passionné d’images, amateur des traditions camarguaises

Près de quarante ans qu’il pose sa caméra sur les gradins des arènes.

Jeune mécano-auto dans le garage paternel, c’est en Polynésie française où il vient d’être « parachuté » pour faire l’armée qu’il réalise ses premières photos.

«  À l’époque en Polynésie, je faisais de la photo. Et comme au départ, je n’avais pas beaucoup de sous, j’envoyais mes pellicules à mon oncle à Nice, qui était traducteur pour Paris Match, il me piquait les belles photos pour les mettre dans Paris Match et il m’envoyait des pellicules neuves. Ensuite, il faisait passer les photos à ma mère à Vauvert ».

Après l’armée, embauché dans une entreprise à Mururoa, il continue à capter la magie de l’île corallienne.

De retour en métropole au début des années 1970, avec un collègue, ils décident de se mettre à la caméra. Plus précisément au caméscope. Les prises de vue se font au format VHS, le format analogique, et sont enregistrées sur des cassettes. Le montage s’effectue avec un magnétoscope.

Tout naturellement, la Camargue, ses traditions, les courses de taureaux deviennent son sujet de prédilection. Et, en 1986, le premier concours d’abrivado arrive à point nommé.

« Le premier et le second, je les ai faits pratiquement tout seul, et il n’en reste pas grand chose.

Après, j’ai demandé aux collègues s’ils étaient d’accord pour qu’on fasse le concours d’abrivado à plusieurs caméras. Alors, ce que je faisais, je leur offrais le déjeuner le matin – dès 8 heures, on venait déjeuner au garage tous ensemble, je donnais des cassettes neuves à chacun, suivant le format de leur caméra et après le concours, le soir, je récupérais tout.

Nous avons démarré à cinq ou six et nous nous sommes retrouvés jusqu’à onze. C’est ainsi que nous avons constitué le GVAV (Groupe Vidéo Amateur Vauverdois).

Le groupe a fonctionné jusqu’à l’arrivée du numérique au début des années 2000. Quand le numérique a fait son apparition, certains se sont équipés en nouvelles caméras d’autres pas. La disparité du matériel et des formats est devenue un casse tête. Alors, pour moi qui réalisait le montage, c’était la galère. Il fallait tout ré-numériser, tout refaire.

Mais le numérique a quand même révolutionné la création vidéo ».

Au-delà du plaisir de filmer les évènements camarguais, les ferrades et autres manifestations de bouvine, Jean-Pierre  Masse a envie de faire partager sa passion.

Depuis le début en 1997, il est de l’aventure du Festival du film taurin de Saint-Geniès-de-Malgoirès autour de François De Luca. Il y participe aussi bien en tant que réalisateur, qu’organisateur.

 « Ce qui me plait le plus, ce n’est pas d’arriver premier ou second, d’être primé ou pas, c’est de faire voir les films que nous réalisons et répondre à l’attente du public et des aféciouna ».

À 77 ans, Jean-Pierre Masse n’a rien perdu de son enthousiasme. Le plaisir de filmer, la passion de la culture camarguaise sont toujours là, intacts. Et malgré, le contexte de crise sanitaire, il n’a qu’une hâte : retrouver le chemin des arènes.