Le Docteur Jacques Vigne, auteur de nombreux ouvrages sur la psychologie, le yoga et la méditation donne une conférence exceptionnelle à Vauvert le 9 juillet. Il vit en Inde qu’il parcourt une partie de l’année en soutenant des projets humanitaires et se retrouve le reste du temps dans un ermitage de l’Himalaya.

Vous séjournez rarement en France, Vauvert a la chance de vous accueillir, qu’est-ce qui vous y amène ?

Je côtoie la psychologue vauverdoise Soraya Melter Bittar depuis des années, nous avons des intérêts communs, le Tibet, la méditation, le yoga. Nous avons décidé d’organiser une conférence avec initiation guidée sur l’anxiété, notamment au travail.

Est-ce la crise sanitaire et le confinement qui ont déterminé le choix de ce thème ?

L’anxiété a toujours été très répandue dans la population. Les gens ne savent pas très bien pourquoi ils travaillent et sont en quête permanente de sens. La crise a aggravé cette sensation pour certains. Pendant le confinement, la pratique virtuelle a ressemblé jusque quatre cent personnes à chaque séance pendant plusieurs heures. Dans la vie actuelle, la spiritualité est un antidote pour l’hyperactivité. Les adultes sont concernés comme les enfants.

Est-ce typique de la société occidentale ?

Quand je suis allé en Inde, j’ai pu voir cette société occidentale de plus loin et percevoir des lignes d’ensemble que je ne réussissais pas à saisir quand j’étais immergé. Certaines personnes ne sont pas épanouies et n’ont pas de développement spirituel. Elles ne souffrent pas de troubles pathologiques mais non pas d’évolution car elles ne se remettent pas en question. C’est ce qui manque souvent à l’Etre humain pour progresser. La Laïcité a apporté un vide. L’homme est dépendant vis-à-vis de sa société et de lui-même.

Faut-il être initié pour exercer la méditation ? Est-ce que les enfants justement peuvent en bénéficier ?

La spiritualité permet d’aller au fond du mal-être dont l’anxiété n’est qu’un symptôme. Elle permet de la dépasser. Il existe des techniques simples qui peuvent être très bénéfiques. J’ai eu un maître en Inde, un médecin aussi qui disait « la meilleure des psychologies est celle faite par soi-même pour soi-même grâce à la médiation ». On peut y être aidé, c’est un chemin qui n’est pas si facile mais qui est vital dans notre société. Les enfants sont concernés par l’hyperactivité et les troubles de l’attention. Des petits exercices de visualisation peuvent les aider. A la conférence j’apporterai un ouvrage que j’ai préfacé qui traite de la méditation pour les enfants.

Vous prônez les thérapies cognito-comportementales. Qu’apportent-elles ?

Elles aident à comprendre les rapports en le corps, l’âme et l’esprit. En observant son corps on peut localiser les anxiétés et détendre ses sensations. La tristesse, l’angoisse, la peur la dépression nous concernent tous plus ou moins. L’association des savoirs de l’Orient et l’Occident permettent d’accéder à un mieux-être et à la quête de sens. C’est un double processus de pensée qui utilise l’héritage du patrimoine spirituel de l’humanité, surtout dans le bouddhisme et l’hindouisme, en tenant compte d’une médecine de pointe.

Qu’est-ce qui vous a fait rester en Inde ?

J’y suis allé pour la sâdhanâ avant de démarrer ma carrière de médecin. J’apprécie la grande liberté et la proximité de gens qui ont une expérience profonde de la pratique spirituelle et une mentalité moins affairée qu’ici. 

Que vous apporte l’érémitisme ?

Durant mes séjours en dehors de l’Inde, je communique beaucoup. Cela doit être limité dans le temps et suivie de périodes prolongées de silence. J’ai envie de vivre une vie d’ermite pour atteindre un certain niveau spirituel. Dans la tradition indienne comme dans la chrétienne, les retraites sont temporaires. On apprend à mieux donner ensuite. Je ne planifie rien, le bon comportement arrive spontanément.

A qui s’adresse la conférence ?

Elle est ouverte à tous même les non-initiés. L’heure de conférence sera suivie d’une pratique guidée et d’échanges. J’apporterai quelques ouvrages également.

Jeudi 9 juillet à 19h au 32 rue Renan chez Irène à Vauvert

Participation aux frais 5 euros
Inscription obligatoire par SMS au 06 08 12 13 36

Nathalie Vaucheret