Les chevaux de trait côtoient les Camargue dans les prés du Cailar. Ils connaissent bien les bords du Vistre et des marais, les routes qui longent les manades et les petites rues du village, leur balade quotidienne.
Les Calèches de Camargue sont à la sortie du village en direction des marais. Sylvie et Jean-Noël Rios sont passionnés d’attelage depuis plus de trente ans. Après avoir attelé pour le plaisir, ils en ont fait une profession depuis une quinzaine d’années pour le plus grand bonheur de leurs hôtes qui n’oublient pas de sitôt l’escapade.

Le couple fait découvrir les traditions camarguaises sur une demi-journée avec petit-déjeuner traditionnel et convivial. Les chevaux sont préparés devant les clients, des traits bretons et des Cob normands dressés pour l’attelage mais qui doivent apprendre à connaître l’environnement et les manifestations taurines avec le bruit et les clameurs qui les accompagnent. « Ils savent juste tracter à la base » explique Sylvie, « on les habitue petit à petit aux taureaux dans les prés, d’abord de loin puis de plus en plus près. »

Du haut de la calèche les paysages typiques de Petite Camargue, haut-lieu des traditions camarguaises, défilent. Les promeneurs en ont plein les yeux et les oreilles. Après un démarrage sur les bords du Vistre, passé le nouveau pont de Laute, témoin des inondations récurrentes, arrivent marais, mas et manades. Elles sont une vingtaine au Cailar, dont les noms raisonnent eux aussi dans l’histoire des traditions camarguaises. Lafisca, Lagarde, Saumade, Vinuesa, Espelly Fanfonne Guillerme, La Clapière, Agnel. Tout le long, des taureaux paisibles regardent passer les calèches, parfois en compagnie de chevaux et de poulains. Les hérons garde-bœufs complètent le décor.

Chacun dans une calèche, Sylvie et Jean-Noël sont intarissables. Ils donnent des explications sur tout, faune, flore, métier de manadiers, élevage des taureaux, courses camarguaises, marais et roubines, vin de Costières.

Ce jour-là, les promeneurs ont beaucoup de chance. Ils vont assister au tri des taureaux pour l’abrivado au pré des Demoiselles, nommé d’après les petites libellules bleues, une balade de six kilomètres. Traditionnellement pour la fête du Cailar, les calèches accompagnent gardians et taureaux jusqu’aux arènes. Un rendez-vous très attendu de l’été. Cette année la fête a été compromise mais des abrivados ont été maintenues.

Une immersion unique dans l’univers des gardians. « Vous êtes les seuls touristes. Que des autochtones dans les prés ! » s’exclame Jean-Noël. Une tradition que les cailarens ne manquent pour rien au monde. A cheval, à vélo, à pied, tout le monde est mélangé pour accompagner chevaux et taureaux jusqu’au toril, sueur et poussière mélangées, on se croirait revenu à l’ancien temps où l’on allait chercher le bétail. Peu de communes peuvent offrir cette tradition encore.

Le cortège applaudit comme de coutume à l’entrée du village, calèches en tête. Elles se postent sur la piste et laissent juste le passage pour les cavaliers. Les taureaux entrent dans le toril dans un autre nuage de poussière. « C’est si rapide l’arrivée des taureaux ! » s’exclame un des passagers. Il reviendra certainement tant les impressions ont été intenses.

Les prestataires de calèches

Dans le village berceau de la course camarguaise et capitale de la Petite Camargue, seulement 2 500 habitants mais fiers de leurs traditions, trois prestataires de calèches offrent des balades nature pédagogiques autour des traditions camarguaises avec dégustation de produits locaux, petits-déjeuners ou grillades dans les prés et marais du Cailar :
Camargue autrefois quartier de la Galine 06 27 89 25 63

Les Calèches de la Clapière chemin de la Capelane 06 85 78 47 12
Les Calèches de Camargue au pré des Mauves qui peuvent accueillir les personnes à mobilité réduite 06 86 67 82 80 sur une calèche homologuée.