En plein du cœur du Cailar dans le vieux village, un vaste colombier abrite des centaines de pigeons voyageurs, des athlètes entrainés à haut niveau dont la réputation s’étend au-delà de la région. « C’est un sport méconnu dans le sud » explique Paul-Edouard Despierres. Il est l’un des fondateurs de l’Entente colombophile de Camargue qui vient de fêter ses cinq ans d’existence. Le colombier lui a plus de 20 ans.

Chez nous dans le nord tout le monde avait ses pigeons, c’était le loisir des mineurs ! »
Un sport qui vieillit selon lui et qu’il souhaite transmettre à des adolescents qui prennent plaisir à partager sa passion. Ils sont une vingtaine à se réunir les mercredis pour une après-midi ludique et pédagogique mais empreinte de citoyenneté.
« Ils ont des règles à suivre, doivent respecter les consignes, une organisation précise et s’aider mutuellement » poursuit Paul-Edouard. Encadrés par deux animateurs, les jeunes reçoivent le programme la veille et des fiches techniques selon le thème du mois. Ils ont chacun leur cahier pédagogique et répertorient leurs tâches, les évaluent eux-mêmes avec leur ressenti. En septembre, c’est l’étude de la mue, octobre la séparation des couples pour l’hiver.

 

Les rencontres au colombier durent deux heures. Les ados ont chacun leurs pigeons, vingt au départ et dix en plus par an. « On les choisit nous-mêmes ! » s’exclame Zoé, « on prend ceux qui nous attirent. Parfois on les a vu naître. » S’ils sont responsabilisés, les colombophiles en herbe ont une grande liberté pour manipuler les oiseaux, ce qu’ils font sans aucune appréhension, même les pigeonneaux qui sortent de la coquille et font à peine plus de dix grammes. « Ils ne sont pas fragiles ni craintifs ! » rassure l’animateur.
Ce jour-là ils préparent la nourriture additionnée de vitamines et levures de bière, le tout avec de l’huile. « On sent les graines stockées dans le gosier » s’amuse Kilian. Du plus petit au plus grand, les enfants virevoltent d’un colombier à l’autre, surveillent les œufs, vérifient le bagage, préparent le bain, chouchoutent leurs protégés. Ils les reconnaissant grâce aux bagues de couleur fluo que chacun a choisi au départ.

 

Pour les athlètes rien n’est trop beau. La nourriture et les soins sont un budget conséquent pour l’association qui les finance grâce aux prestations inoubliables qu’elle propose dans toute la région, des lâchers festifs pour des événements particuliers, cérémonie, mariage, anniversaire, des envols à la fois magnifiques et symboliques. Mais l’objectif reste les concours qui démarrent en février. Les oiseaux sont entraînés, certains voleront sur courtes distances mais avec une grande rapidité, d’autres feront des longs parcours. Ils peuvent attendre plus de 100 km à l’heure et voler jusque 800 km par jour. « Ils reviennent toujours ici ! » précise un des plus petits adeptes. Une chose est certaine, il ne pourra jamais en garder un chez lui.

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