Pour le conte le public compte autant que l’histoire. « Il n’y a pas de conte sans auditeur pour l’entendre. C’est le moment où l’histoire prend vie, racontée. »
Ludovic Souliman est un conteur passionné mais ce qu’il recherche avant tout, c’est la relation avec l’autre. « On vit ensemble le récit, on suit le cheminement de l’histoire, l’interaction physique est très forte et véhicule les émotions. »

Conter n’est pas forcément un métier selon lui et le sien était tout autre, ouvrier et militant syndical.  Il a découvert sa passion à 20 ans et s’y consacre pleinement depuis quinze ans.
« La parole est puissante et nous transporte partout » dit le conteur itinérant qui vit en Bretagne et est venu à Vauvert le 14 octobre pour deux séances.

Christine Ducéré la directrice de la médiathèque s’est réjouie de la reprise des contes, une tradition prisée des enfants qui les suivent régulièrement. « Ils parlent à tout le monde, chacun prend ce qu’il peut ou veut. »
Pour l’artiste, ce sont des graines d’humanité et de mémoire semées qui un jour pousseront, car l’imaginaire nourrit la créativité, vitaux tels l’eau et le pain. « On croit à ce que l’on fait, c’est essentiel pour nous » explique-t ’il, derrière les paroles il y a des symboles, des gestes, un langage universel qui traverses les générations, des histoires qui se transmettent, un apprentissage de la vie. Il cite Einstein qui affirme que pour rendre un enfant intelligent il faut raconter des contes qui ouvrent l’esprit, stimulent la créativité. « Le conte a des milliers de versions, chacun bricole un peu les personnages, les textes aussi. »

Ludovic lui a conquis son public et ravis les parents qui ont partagé un beau moment d’évasion. Le conteur termine par une touche poétique. « On dit que les conteurs sont menteurs, moi, je dis que les contes sont des vérités habillées de mensonges pour les songes. »