Christophe Berti artisan sellier et maroquinier vient de s’installer dans un mas à Gallician dans lequel il est en train de se configurer un atelier dans une dépendance. « J’avais envie d’avoir un bel espace à l’image de mes créations. » 100 m² lui sont nécessaires, pour son matériel mais aussi pour offrir un show-room. Sa clientèle est à la fois locale, nationale et même internationale car sa réputation n’a pas de frontière. Christophe s’est formé chez Hermès et a travaillé ensuite vingt-cinq ans pour la marque prestigieuse. C’est la passion du cheval qui l’a conduit dans les célèbres ateliers parisiens.
« J’ai toujours aimé les chevaux » raconte-t-il, « je voulais en faire mon métier. » Il ne se voyait pas éleveur ni maréchal-ferrant, encore moins gérant d’un magasin avec des marchandises qui transitent. « J’ai pensé créer des selles et accessoires, fabriqués entièrement à la main. »
Commercial en milieu hospitalier, il se reconvertit en intégrant une école préparant aux métiers du cuir. Le destin a fait le reste. La marque de luxe repère Christophe en formation et l’embauche dès sa sortie. Il commence par la maroquinerie puis intègre la sellerie, un petit atelier mais qui contribue à la renommée d’Hermès. « J’ai pu enfin approcher cet objet fascinant et mystérieux ! » confie-t ’il. Un ancien de la boutique lui transmet son savoir, c’est la tradition. Il touche enfin sa passion du doigt, étudie arçons, platines, habillage, coutures et accessoires.

Christophe fabrique de magnifiques pièces pendant dix ans mais le sud lui manque. Originaire d’ Aubagne, il aspire à retourner en Provence, Paris ne lui convient plus. Il aime son travail mais se sent un peu frustré de ne pas pouvoir créer, imaginer ses propres pièces d’après le désir des clients. Il décide de partir mais Hermès ne souhaite pas le voir partir et lui propose de continuer en sous-traitance, un contrat exceptionnel pour la marque. Cela durera quinze ans puis Christophe décide se consacrer uniquement à sa clientèle.

Trente ans après, sa passion est intacte et Christophe est comblé. Il aime ses deux métiers, sellier et maroquinier. Ses pièces sont uniques et racontent une histoire. « Il y a une rencontre derrière chacune d’elle » explique-t-il, « un cavalier qui parle des sensations qu’il recherche, de sa manière de monter, de son cheval ou une personne de ses habitudes de voyager, d’utiliser son sac à main. » Il parle avec le client, dessine l’idée, mesure, choisit le cuir, crée un modèle et le modifie jusqu’à l’expression parfaite du désir. « C’est mon côté passionnel ! » Il aime façonner, toucher le cuir dont il vérifie la parfaite épaisseur au dixième de millimètre près, le tannage végétal qui laisse la peau se patiner. Chaque selle demande près de douze mois, jusqu’à cent cinquante heures de travail. Entre deux commandes, il assure des réparations ou des accessoires de maroquinerie. « Les clients viennent rarement me voir pour une première selle, ils ont des besoins particuliers. » Ses clients sont des éleveurs, des passionnés, des sportifs, des touristes étrangers, pour des selles classiques anglaises, amazones ou Camargue. Ils recherchent le sur-mesure, une réalisation particulière et unique avec un usage pratique. « On me reproche parfois de faire de trop beaux produits ! » s’amuse-t-il, « en fait ils sont très résistants. » Les selles Camargue, il a appris à les faire en en désossant quelques-unes et il est devenu un incontournable des amazones de la région.

Christophe reconnaît sa réussite mais ne retient que le plaisir qu’elle procure, celui d’être toujours heureux de se lever le matin pour retrouver son atelier et ses outils.

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