Amaury Pachurka, président fondateur de la start-up Beoga

En lançant sa première communauté énergétique au Cailar, la start-up montpelliéraine Beoga positionne la cité gardoise à la pointe de l’innovation énergétique locale.

Le projet pilote, baptisé Smart Lou Quila permet aux sept membres de la communauté (six familles dans un lotissement et la commune) de se partager une électricité 100 % renouvelable et locale, produite par des panneaux photovoltaïques (5 installations pour 18 kWc) posés sur les toits des maisons et sur celui du stade municipal.

De l’autoconsommation au partage

Aujourd’hui, l’objectif principal de la communauté c’est de faire d’abord de l’autoconsommation individuelle quand c’est possible et ensuite de répartir et partager le surplus afin de pouvoir utiliser au maximum l’énergie locale.

Chaque membre a son propre compteur et son propre système. La communauté collecte les données de chaque membre qui sont utilisées dans une solution de calcul. Ce qui permet à tout moment à chaque membre de se situer par rapport à lui même et par rapport à la communauté. En quasi permanence, il sait ce qu’il produit et ce qu’il consomme, il sait ce que la communauté produit et consomme globalement. Donc, il peut situer sa consommation et l’adapter en fonction de ses usages (mise en route des appareils en fonction de sa propre production d’électricité et de la production de la communauté).
Dans tous les cas, les membres de la communauté ne sont pas déconnectés du réseau et continuent d’utiliser l’électricité qui arrive du réseau.

En complément, trois équipements de stockage (batteries stationnaires de 10 kWh chacune) mais aussi deux véhicules électriques (dont un affecté à la police municipale) participent dans un premier temps à cet écosystème au service de la transition énergétique.

Utiliser un véhicule dans un communauté énergétique : une première en France

« Le fait d’utiliser un véhicule dans une communauté énergétique, c’est une première en France » nous explique Amaury Pachurka, le président de Beoga.
Le véhicule a une batterie réversible qui est couplée à la borne. La batterie est susceptible d’être mise à contribution pour stocker de l’électricité mais aussi en restituer vers le réseau afin de contribuer à rééquilibrer le rapport entre offre et demande de courant. On peut la charger dans la journée, par exemple, et la décharger dans la maison la nuit.
Par ailleurs, il a vocation à devenir un véhicule d’appoint partagé dans la communauté. Un usage d’éco mobilité qui se développe de plus en plus.

En mutualisant ainsi tous les moyens, on permet d’améliorer les performances d’une communauté énergétique.

Le projet développé en partenariat avec Enedis et Planet Oui a été inauguré le 26 mars 2021.

Une énergie maîtrisée renouvelable et mobile

Les membres de la communauté maîtrisent leur consommation et leur production quasiment en temps réel grâce à une application smartphone. En développant des algorithmes spécifiques, l’écosystème Beoga révèle l’énergie non exploitée, la pilote et la partage entre tous. « Notre solution permet d’optimiser l’autoconsommation collective et l’échange d’électricité entre particuliers, détaille Amaury Pachurka, le fondateur de la start-up. Elle permet également de mobiliser des ressources énergétiques non encore exploitées par les utilisateurs et d’en faire profiter tout le réseau. »

Beoga veut proposer un nouveau modèle économique dans la distribution et la fourniture d’énergies en mettant les utilisateurs au cœur de la chaîne de valeur. À terme, cette solution permettra de diminuer la facture énergétique de 15 % et d’injecter 20 % d’énergie renouvelable en proposant également des services au réseau.

Beoga, une start-up fondée en octobre 2019, basée à Montpellier

La start-up Beoga a été créée en octobre 2019 par Amaury Pachurka, ingénieur généraliste de formation, avec six autres actionnaires. Elle est basée à Montpellier et incubée au BIC de Montpellier ainsi que dans un deuxième incubateur Ionis 361. Elle a intégré l’accélérateur (pépinière de jeunes entreprises) Cleantech Booster à Aramon dans le Gard.

Le projet est né à Hong Kong en juillet 2017. « J’étais moi-même basé en Asie, précise Amaury Pachurka. On a regardé dans quel pays on pouvait développer les activités qu’on souhaitait développer et quelles réglementations étaient susceptibles d’évoluer vers ce qu’on voulait. Et c’est la France qui est ressortie et moi-même étant Français, j’ai pris le projet en main et nous avons installé la société en France. Et, aujourd’hui on a des actionnaires dans d’autres pays. Un actionnaire au Danemark, un aux États Unis, un au Japon et bien sûr des actionnaires Français.

Beoga a obtenu les label « Greentech Innovation » par le Ministère de la Transition Écologique et DERBI par le pôle de compétitivité éponyme. Elle avait déjà été primée aux trophées Energaia en 2019.

Son objectif est de rendre les communautés énergétiques simples et performantes afin de faciliter leur déploiement et d’accélérer la transition écologique.