25 ans déjà… un quart de siècle, un espace temps symbolique, une invite à revoir ou redécouvrir un évènement, une page de l’histoire locale.

Chaque mois, Thierry Bourdy nous propose une séquence vidéo qui nous replonge 25 ans plus tôt dans l’ambiance de l’époque.

Dynamiser la vie démocratique

Jean-Luc Bernet

Les Conseils municipaux d’enfants (ou de jeunes selon les cas) sont apparus en France à la fin des années 70, souvent sous l’impulsion de maires inspirés par de nouvelles modalités d’action politique locale, à l’image des GAM (Groupes d’Action Municipale), dont le plus illustre représentant fut en son temps Hubert Dubedout, maire de Grenoble de 1965 à 1983).

L’idée se retrouve d’ailleurs, sous des formes diverses, un peu partout en Europe. Ce fut d’ailleurs une des chances du CME élu en 2001, que de participer à de rencontres européennes incluant de jeunes Allemands et des représentants de communes de Bosnie Herzégovine.

En France même, l’ANACEJ (Association nationale des Conseils d’Enfants et de Jeunes cf www.anacej.fr) continue d’assurer auprès de municipalités en place une mission à la fois de formation, de coordination, et de valorisation de ces structures, dont il serait désormais difficile de se passer tant elles paraissent aujourd’hui aller de soi -ce qui n’était pas le cas en 1995.

À l’époque, il s’agissait bien de dynamiser la vie démocratique locale en permettant aux enfants volontaires et, à travers eux, il faut bien le dire, à leurs familles- d’exprimer un certain nombre de desiderata, quitte à en éprouver rapidement les limites, voire le caractère irréaliste. C’est le prix de la démocratie, dira-t-on, à ceci près qu’on peut davantage se permettre de considérer un Conseil municipal d’enfants comme un laboratoire, ou à tout le moins une structure expérimentale non soumise à une obligation de résultats. Il en va différemment des « vrais » Conseils municipaux (d’adultes, donc), qui ont beaucoup moins droit à l’erreur. Ce qui ne les empêche pas de se tromper, et souvent. Mais du moins la sanction électorale ne va-t-elle pas manquer de s’appliquer, ce qui, par définition, n’est pas le cas pour les Conseils municipaux d’enfants. Celui, ou plutôt ceux (avec des mandats courts ne pouvant excéder deux ans) de Vauvert, n’ont pas échappé à la règle : des demandes non abouties, il y en a eu, des expérimentations non réussies généralement, mais c’est ainsi qu’on découvre la réalité et qu’on forme des citoyens.