C’est à Gallician que Christian Philip a posé ses valises il y a cinq ans. « J’y viens depuis 1988. J’ai toujours aimé cet endroit ! ». Il a rencontré les anciens sagneurs et pêcheurs, et ne compte plus ses clichés des marais et des oiseaux. Les souvenirs de ces reportages sont encore dans sa mémoire. « Je faisais des photos avec Max Vigouroux. Sur le chemin de halage, il me disait je mets un chiffon blanc sur la partègue pour que tu saches où je suis. Je l’appelais et il venait me chercher en barque. Je passais la journée avec lui. » Christian a été pendant quarante ans à la Gazette de Nîmes. « Seul photographe officiel, j’étais sur tous les fronts ! » Pendant son temps libre, il aimait se balader, appareil photo en main et a eu une prédilection pour la Petite Camargue. Il en sortira deux tomes édités en 2018 et 2020, « Oiseaux entre garrigues et Méditerranée » aux éditions des Écologistes de l’Euzière présentant plus de soixante espèces d’oiseaux.
Des photographies et des textes issus de ses observations et affûts, un ouvrage de vulgarisation mais validé par le regard scientifique de l’éditeur. Quelques interprétations personnelles n’ont pu y figurer mais Christian se régale de les raconter de vive voix. « Les guêpiers vivent à trois, avec un jeune de l’année d’avant qui apprend et qui aide. Personne n’ose l’affirmer ! ». Le photographe, lui, l’a observé et en est certain. Cela fait partie des découvertes qu’il a pu faire comme l’hybridation d’un héron cendré et d’une aigrette garzette qu’il a vu à Gallician. « Il n’y en a eu que deux observées en France, ici et en Bais de Somme » affirme-t ’il. Christian évalue son fonds photographique à plus de 50 000 clichés.

Dans sa maison au hameau, il termine son nouveau projet, « Les couleurs du temps de la Camargue », en référence à tous les temps, celui qui passe, la météo, l’histoire. Un ouvrage axé sur le dérèglement climatique abordé scientifiquement. Le photographe peaufine la maquette et a entrecoupé ses clichés de textes, cartes et propos empruntés à d’autres, notamment un sociologue. « Je veux dire aux gens que la Camargue est accessible à tous, que ce n’est pas un site fermé et protégé. » Il montre des endroits où l’on peut admirer la nature à tout moment, la voir plusieurs fois avec des lumières différentes comme le Vaccarès, avec des clichés magnifiques de neige et de glace sur l’étang, les vaguelettes et filets de pêcheurs gelées. Un chapitre est consacré à Gallician bien sûr, avec des paysages familiers figés par tous les temps, brouillard, pluie et même de nuit. Christian veut simplement faire ouvrir les yeux sur les magnifiques tableaux que l’on peut observer près de chez soi tous les jours. L’ouvrage sortira dans le courant de l’année prochaine.