Ils étaient nombreux à venir écouter Olivier Callériza sur son expérience du chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle au Domaine du Vistre, samedi 20 novembre. Des pèlerins, des amis ou des proches qui l’ont soutenu, des personnes désireuses d’entreprendre le périple ; ils sont venus partager les souvenirs de l’Aimarguois encore imprégnés fortement dans sa mémoire et accompagnés du désir d’y retourner.

1 300 kilomètres du Puy-en-Velay à Mansilla de la Mulas. « C’est le mystère du chemin » raconte-t-il, « quand on rentre, on ne pense qu’à repartir. Le retour à une vie normale est difficile. » Il parle de réadaptation. Sur le « camino », les seules préoccupations sont de satisfaire les besoins essentiels, trouver de quoi se nourrir et dormir, parfois de soigner des blessures. A côté de cela, il y a bien sûr les rencontres, les découvertes, l’effort physique, mais c’est surtout le bien-être intérieur, en plus que du physique que les pèlerins retiennent. L’encombrement du quotidien est balayé, l’esprit est vidé pour accueillir d’autres pensées plus profondes et souvent délaissées. « On a le temps de penser et repenser, de faire le tout d’une question » explique Olivier. A la fois seul et au milieu d’autres pèlerins. Leurs motivations sont diverses selon lui, la Foi, l’envie de se surpasser ou de surmonter un événement, une rupture, ou simplement une curiosité naturelle. Lui s’était simplement promis que le jour où il serait à la retraite, il partirait. « Je ne sais pas pourquoi je m’étais dis cela, mais je l’ai fait ! » Oliver retient une belle leçon de vie, que tous partagent les mêmes joies, les mêmes difficultés, qu’il n’y a plus de considération sociale, physique ou autre, plus de nationalité, de langue, de religion, ni d’âge. « Ce sont des rapports à la superficiels, parfois des gestes seulement, mais humainement profonds. » En marchant au fil des jours, le pèlerin n’est plus personne selon Olivier, un corps qui se fortifie et un esprit qui se libère, devient heureux.

Annelyse Chevalier et Jasmine Pascal, vauverdoises connues, ont apporté leur témoignage, l’une parce qu’elle est en chemin actuellement et la seconde, parce que riveraine du chemin, elle a de nombreuses anecdotes drôles ou touchantes à raconter.
« Les motivations de départ se transforment. On a des réponses à des questions qu’on ne se posait pas au départ », dit Annelyse, « c’est touchant, on sait que des personnes que l’on connait sont passées aux mêmes endroits, ont fait les mêmes photos. » « Le temps s’écoule différemment, c’est un phénomène mystérieux. »
« C’est agréable de discuter avec les pèlerins », dit Jasmine, « savoir d’où ils vont d’où ils viennent, découvrir des cultures, c’est très enrichissant. » « Parfois on leur donne à boire, ils sont déshydratés à marcher en pleine chaleur, ou bien il y a des taureaux dans les bois et on stresse pour eux qui ne connaissent pas le danger. »

Ce sont toutes ces impressions qu’est venu chercher le public ce soir-là. L’association Vistricultures était satisfaite de cette soirée de reprise qui donne envie à ses membres de poursuivre leur objectif de mettre en valeur les gens de notre territoire, acteurs économiques, artistes ou scientifiques.