La fédération des manadiers a tenu son assemblée générale vendredi 11 février à Vauvert, salle Bizet.

Un riche ordre du jour alimenté de sujets importants avait été inscrit par le président Florent Lupi qui en préambule invita l’assistance à une minute de silence à la mémoire des gens de bouvine disparus en 2021.

Jean Denat, maire de Vauvert, a ouvert la séance. Il a souligné l’implication des manadiers qui par leur présence signifiaient leur indéfectible motivation à aller de l’avant dans un contexte difficile. Il a rappelé combien les pouvoirs publics, communes, départements, régions… étaient aux côtés de la profession avec des élus qui faisaient remonter les préoccupations au sommet de l’Etat. La participation de la sénatrice Vivette Lopez, du député Patrick Vignal, de la conseillère régionale Kathy Guyot, du vice-président du département Bruno Pascal, d’André Brundu président de la CCPC et de nombreux élus locaux, témoignait d’un engagement consensuel pour soutenir la profession.

Bérenger Aubanel a remercié à son tour toutes celles et ceux qui s’étaient investis pour venir en aide aux manades en rappelant le concours précieux des Chambres d’agriculture du Gard, de l’Hérault et des Bouches-du-Rhône. A titre indicatif, il a tracé un bilan de la reprise progressive des festivités enclenchée en 2021, où la moitié des journées habituellement réalisées hors crise sanitaire a pu être organisée. Pour exprimer les enjeux économiques inhérents, il a rappelé par exemple qu’une journée de fête à Aigues-Mortes génère un chiffre d’affaires toutes professions confondues de 200 000 €. C’est dire l’impact économique que provoquerait la disparition de nos traditions taurines.

Un dossier complexe a notamment occupé une bonne partie des débats, celui des assurances, avec la participation des représentants de Groupama. Sébastien Pons, président de la Fédération du Gard et Didier Rognon, directeur Services et Satisfaction des Sociétaires ont fait part de leur analyse et de leurs propositions suite à une révision de la charte opérée par les juristes de l’organisme mutualiste. De manière synthétique, les primes d’assurance sont différenciées en fonction des types d’activités, abrivado, encierro, travail en pays…

Dans les prises de paroles, il est apparu clairement qu’une jurisprudence régionale permettant une adaptation des articles du code civil sur la « détention et conduite d’un animal » devrait être appliquée. Il s’agirait de reconnaître que tout individu blessé en participant volontairement à une manifestation taurine ou équine, engagerait sa propre responsabilité et non pas celle du propriétaire de l’animal. L’idée est retenue mais la complexité des règles juridiques pour faire avancer ce type de sujet n’échappe à personne.

L’ordre du jour comprenait également le bilan financier, l’élection du Conseil d’Administration, la présentation du budget prévisionnel et la mise en exergue de projets annexes comme le PCI Unesco. L’intervention de Nicolas Triol, président de la FFCC a permis de reconnaître un engagement très fort en faveur de la jeunesse avec la création d’un Pass’bouvine téléchargeable donnant un accès à tarif réduit pour les jeunes gens. Il a insisté sur la nécessité de promouvoir cet outil qui doit permettre de rajeunir les publics, de donner un nécessaire renouveau. Une nouvelle licence « raseteur loisir » sera instaurée en 2022 pour celles et ceux qui sans participer à la compétition en pointe pourront continuer à assouvir leur passion dans des course d’emboulés.

Une nouvelle exposition est également en préparation faisant la part belle aux technologies de réalité virtuelle, ainsi qu’une étonnante structure gonflable pour sensibiliser les tout petits aux jeux de l’arène.