La récolte de cette année est marquée par un bon tonnage mais avec un rendement plus faible pour ce début d’apports au moulin des Bouviers de Gallician. Pour Loïc Lossois, le moulinier, la raison est à chercher dans les chocs climatiques qui se sont succédé. « D’habitude à cette époque, nous n’avons que quelques ramassages prématurés » indique-t’il, « en ce début novembre nous avons déjà récolté la moitié de notre production ! » Les olives sont noires et grosses, semblent matures, mais la synthèse de l’huile ne s’est pas faite comme il le faudrait pour fournir un bon rendement autour de 15%. Les premières olives ne fournissent que 10 à 12 litres pour cent kilos. L’agronome précise qu’il y a une petite attaque de mouche qui n’est d’ailleurs pas terminée avec la chaleur qui persiste, mais la cause principale reste les changements thermiques. « L’olivier accepte le sec ou l’humide, mais n’aime pas un coup l’un un coup l’autre. » L’apport en sève s’est fait également par à-coups. » L’olive ne sait plus où elle en est ! »

Formateur, l’agronome est un habitué des explications imagées. « Elle a évolué plus vite avec la chaleur, mais l’alimentation n’a pas suivi. Les olives sont parties à fond mais sans synthétiser, comme quelqu’un qui part en randonnée sans sac-à-dos. Manquant de réserves, elles ont dû arrêter la balade avant l’heure. » Le même phénomène a été constaté sur certaines variétés d’abricots qui sont devenus secs. « On constate surtout, lorsqu’il y a des flux de sève qui varient fortement, que les vaisseaux de la plante se rétractent, et quand il pleut, cela fait éclater ces vaisseaux. Des maladies et champignons peuvent se mettre sur la sève et il y a aussi un second phénomène, d’embolie. Il aspire la sève et de l’air en même temps. Il meurt quand la sève revient. Blessure par les vaisseaux et l’air. »

Le moulinier reste satisfait de la récolte et de la qualité qui s’annoncent malgré tout. Mais l’inquiétude n’est pas loin. « Les problèmes de cette année auront une influence sur la récolte suivante. Il faudra bien tailler pour revigorer. Compenser le manque de végétation dû au manque d’eau par une végétation plus forte. Il y aura moins d’olives mais elles pourront synthétiser plus vite. » Le manque d’eau devient également problématique selon Loïc qui a vu les factures augmenter. « On a dû plus arroser pour s’en sortir et éviter que les feuilles tombent prématurément. L’olivier qui n’a jamais vu d’arrosage s’en tire mieux, habitué à puiser son alimentation dans le sol. »

Autre source d’inquiétude, l’envolée des prix des emballages plastiques ou en verre. « En plus on est en rupture de bouteilles ! » Le moulin n’accepte pas les emballages d’occasion, surtout le plastique alimentaire. « On oriente vers l’inox ou le recyclable. Cela coûte plus cher mais on les garde à vie. Aucune incidence sur la qualité de l’huile. » Loïc lui a essayé de maintenir ses prix mais a dû aussi faire une petite répercussion sur les bouteilles mais pas sur la trituration pour ne pas faire une opération blanche.

Les apports se finiront sans doute plus tôt, vers la mi-décembre mais le moulin ouvre jusqu’en janvier. Les clients pourront découvrir une petite nouveauté, l’huile au citron jaune. Pour bientôt. Pour ceux qui n’ont pas encore récolté, le moulinier conseille « les olives peuvent encore mûrir, il faut attendre au maximum et alimenter les arbres avec un peu d’engrais. Surtout ne pas tailler avant le printemps puis faire une coupe sévère ! »

Moulin des Bouviers D6572 entre Gallician et Saint-Gilles. Contact 04 66 73 33 21