Portes bien fermées, les arènes de Vauvert ont été mises à disposition de l’Unité spécialisée en intervention animalière (USIA) des pompiers du Gard pour une formation sur les chiens agressifs.

Encadrés par le capitaine Nicolas Baro, chef du centre de secours de Saint-Gilles et l’adjudant-chef Vincent Roca, huit agents de l’unité ont simulé plusieurs situations : un chien dans une voiture, un chien dans un appartement qui empêche l’accès à une victime, un chien dans une cour intérieure, un chien divaguant. Le but de l’exercice, c’était d’isoler ou de capturer l’animal dans les plus brefs délais afin que le personnel d’une ambulance, par exemple, puisse accéder et porter secours à une victime.

Les trois chiens, des bergers belges malinois, tenus au bout de la laisse par leur maître, se sont montrés coopérants. Présentant des tempéraments différents, du chien gentil au chien agressif, en passant par le chien peureux, ils ont permis aux pompiers de tester leurs multiples réactions.L’après-midi, l’unité d’intervention animalière a poursuivi la formation à Beauvoisin dans un élevage de moutons. Là encore, il s’agissait de se familiariser aux gestes techniques de rassemblement et de parcage d’un troupeau d’ovins ou de bovins en vue de les embarquer dans un camion. Tout ça s’apprend et peu servir en cas d’accident sur l’autoroute, un camion qui se couche ou qui prend feu.

Unique dans le Gard, la brigade animalière intervient sur tout le territoire du département.

Plus de 100 interventions par an

On fait de tout. On fait aussi bien du sanglier qui est tombé dans le canal – ce sont des animaux dangereux à sortir – que du cheval qui peut s’être embourbé dans une roubine, du cheval divagant, du cheval qui a chuté d’une falaise, tout ça c’est nous qui le faisons. Ce sont de gros animaux avec des risques de coups de pattes.

On fait aussi du chien dangereux. Soit, divaguant dans la rue, ce qui est quand même relativement rare car ce n’est pas forcément notre mission première ou chez un particulier qui empêche d’accéder à une victime.

On fait un petit peu de NAC (nouveaux animaux de compagnie) reptiles, crocodiles, rongeurs… mais très peu au final. On en fait deux à trois fois dans l’année. On a fait des wallabys, des faucons… Ce n’est pas le plus courant non plus. On fait quelques volatiles aussi, Grands Ducs, Aigrettes,.. On peut faire de l’animal marin. On fait du dauphin… On peut faire de tout, de tout. Dès qu’un animal sort de l’ordinaire, c’est nous qui sommes appelés, indique Vincent Roca.

Sur la quarantaine d’agents que compte l’unité, dix sont formés au maniement du fusil hypodermique et ont reçu l’habilitation. Dans le Gard, en dehors de certains vétérinaires et de quelques éleveurs peu de personnes utilisent le fusil hypodermique. Les dix pompiers habilités effectuent des tirs d’entraînement programmés avec des éleveurs et interviennent réellement en opération quatre à cinq fois dans l’année.

L’unité spécialisée animalière est engagée par le centre opérationnel, le CODIS, basé à Nîmes. C’est l’officier chef de salle qui juge de l’opportunité de l’engager.

Depuis quatre ou cinq ans, le nombre d’interventions a plus que triplé. Cette forte progression est surtout liée à l’évolution de la place et du rôle des animaux dans la société. La protection animale devient une préoccupation de plus en plus importante pour les citoyens. La formation des agents de l’USIA s’inscrit pleinement dans ce souci d’une bonne protection des personnes et des animaux.