
Les artistes défilent à l’espace Jean Jaurès et ne se ressemblent pas. Leur seul point commun, être des artistes locaux. La direction de la culture à vauvert a convié cette fois-ci la plasticienne de Montpellier Isa Rabarot.
Le vernissage a eu lieu le 7 mars, jour de la présentation de la saison taurine, un défi donc !
Le public était au rendez-vous et le maire s’est partagé en deux, faisant le lien entre les deux cultures. « Les racines évoquent nos traditions » expliquait Jean Denat qui poursuivait poétiquement évoquant également l’arbre qui à son autre extrémité offre ses fruits.
Mais ces racines, faites de draps hospitaliers, véhiculent aussi d’autres symboles, comme la naissance, la maladie, la souffrance mais aussi la joie. L’artiste aime aussi faire référence aux lavandières, qui rendent leur couleur blanche aux draps mais qui peuvent aussi être annonciatrices de la mort ou d’un malheur avec les lavandières de la nuit, créatures mythologiques celtes et gaéliques. Un lien aussi avec les propres racines de l’artiste, bretonne !
Isa aime les tissus depuis toujours et façonne les racines depuis quarante ans. « Je n’ai pas encore tout découvert ! » Il en faut de la patience et de la passion pour créer les torsions pendant des heures et des jours.
C’est une exposition dans un lavoir qui a déclenché sa dévotion. Elle a suspendu ses draps les pieds dans l’eau et le temps a fait son effet. « On aurait dit qu’ils avaient pris racine ! » Depuis, c’est presque un hommage à ces parties de plantes souterraines, vitales mais souvent invisibles et gênantes lorsqu’elles font surface.
L’artiste aime les peindre aussi, un jeu de blanc et de noir. Pas besoin de fioritures. « Je ne m’autorise que le bleu, celui des lavandières ! » Il réhausse les contrastes, les ombres et la lumière. Elle joue avec les ombres, les plis, de la miniature au grand format suspendu. Sous toutes leurs coutures !
Lors du vernissage, le public s’est spontanément regroupé autour de l’installation sur l’escalier avec cette cascade magistrale de racines. Simple et beau comme la nature. Avec son artiste binôme Antonio Rodriguez Yuste, Isa s’est prêtée à l’art de la performance artistique en direct. Sur une toile blanche, en quelques minutes, elle fait naître des racines qui semblaient sortir des mots égrenés par Antonio. Dos à dos, elle face à la toile et lui au public, ils se rejoignaient pour compléter l’œuvre à quatre mains. « On ne sait jamais comment cela va se passer » expliquait l’écrivain, « la spontanéité et le ressenti nous guident autour de la peinture naissante. »

Le public lui était en haleine, observait la réelle performance. Antonio jetait vivement ses feuillets par terre au fur et à mesure qu’il les lisait tandis qu’Isa jetait vigoureusement son pinceau. La création commune a pris forme sous les yeux des spectateurs attentifs et admiratifs. L’œuvre née à Vauvert restera le symbole de cette belle exposition à voir jusqu’au 3 mai 2025.
Renseignements 04.66.73.17.33


