You are currently viewing La Cocarde d’Or, épreuve mythique de la course camarguaise

On aborde déjà la 94ème Cocarde d’Or ; une course mythique qui se joue en un seul jour dans les arènes d’ Arles.

Une course à nulle autre pareille ! Une course qui défie l’espace temps, qui défie l’homme plus que le taureau. C’est une lutte entre les raseteurs ; une démonstration de force entre hommes. Ils entrent en piste tels des conquérants.

Plus qu’une course, une épreuve qui porte l’homme au dessus de ses possibilités. Il lui faut oser affronter les hommes et les taureaux.

Si le taureau subit l’assaut, chaque homme aussi le subit, et c’est en cela que cette course démontre qu’elle est unique. Il ne peut y en avoir qu’une, ainsi pour une année, le raseteur gagnant aura son aura et entrera dans le cercle des Grands Hommes.

Chacun a une chance, sa chance ; à lui de s’en saisir.

Chaque affrontement est important, il n’y a pas de bon ou de moins bon taureau, il y a à travers eux une gagne à venir, et il faut une sacrée force mentale au taureau pour se déjouer du piège où il est enfermé. Chaque affrontement est important, il n’y a pas de bon ou de moins bon raseteur, il y a avant tout des hommes prêts à tout.

Il faut  au raseteur de la détermination, de la pugnacité et un brin de chance. Pour cela, il lui faut laisser au vestiaire ses états d’âme, ne jamais renoncer, ne jamais baisser les bras, une course où il faut à l’homme l’envie de concourir : une course qui se gagne en si peu de points, à 1 point parfois d’écart.

Joachim Cadenas vainqueur en 2022
mais aussi vainqueur en 2016, 2017, 2019, 2020, 2021, 2023

Une course qui se gagne parfois à la dernière seconde ; ne jamais se considérer perdant avant l’entrée au toril du taureau ; y aller encore et encore, s’oublier dans la souffrance, car la gagne se fait  dans une once de férocité, de pugnacité, de courage et de force mentale, calculer les risques et oser. Pas d’état d’âme, penser à soi, rien qu’à soi, ne pas se laisser envahir, résister, se confronter. Entrer dans l’action en faisant fi de tous êtres autour de soi. Faire fi des clans qui se sont formés, se préparer pour être seul, ne rien attendre, juste prendre.

Cocarde d’Or 1929 avec Granito en tête de la Capelado

La Cocarde d’Or est l’essence première de la course camarguaise et c’est pour cela qu’elle se doit d’être unique. Elle casse ses codes habituels, et le public est alors moins regardant quand à la qualité des rasets. Le public pardonne les débordements, les actions contraires, les aléas du moment. Il est tout à la vue, à l’écoute de ce qui se passe dans l’arène.

Un public acquis à cette course particulière qui envahit aussi la contre-piste pour être au plus près de l’action ; il veut vivre lui aussi ce moment de compétition ; il veut en faire partie et goûter à l’adrénaline qu’elle dégage et si le taureau se dégage en contre-piste, il se veut de ressentir ce moment qui fait palpiter et met en émotion.

Ah ! La Cocarde d’Or ! Un combat ! Et les Arènes d’Arles s’y prêtent ! Les raseteurs deviennent pour un instant les gladiateurs du passé. Alors que cette 94ème Cocarde d’ Or résonne haut et fort et que le Raseteur élu dans l’adversité mais dans le respect la cueille.

Marie-France Sabatié

Passionnée de bouvine, je partage par l'écriture mon ressenti, ma passion sur ce qui fait la richesse de ce terroir, courses camarguaises, traditions, manades, ...
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