Entre le 24 avril et le 6 décembre 2018 cet aigle a intrigué bien des naturalistes de France et de plusieurs pays d’Europe. Auparavant ce rapace n’avait été mentionné qu’à huit reprises en France. Cette observation exceptionnelle dans nos contrées a mobilisé beaucoup de naturalistes pour arriver à le déterminer.

L’Aigle impérial est un grand rapace proche de l’Aigle royal, mais il est plus petit, avec des ailes plus rectangulaires et une queue plus courte. Il y avait également une confusion possible avec l’Aigle Ibérique, une espèce qui lui est très proche. Le diagnostic collaboratif de cet oiseau découvert par Léo Pelloli a confirmé qu’il s’agissait d’un oiseau de troisième année. Il se rencontre en période de reproduction principalement dans la steppe eurasienne, depuis la puszta d’Autriche et de Hongrie jusqu’à la Mongolie et le sud-est de la Sibérie. Il hiverne au sud de cette aire de répartition, en particulier dans le sous-continent indien et au Moyen-Orient.

Sa présence au sud de l’étang du Scamandre pendant plus d’un mois avait de quoi surprendre. Cette zone de rizières comprise sur les communes de Saint-Gilles et Vauvert présente à son centre les espaces sensibles protégés des marais de Coute et des Gargattes. Ces zones de quiétude pour la faune avec leurs grands arbres lui offraient le gîte et les vastes rizières alentours lui rappelaient sans doute les steppes de son habitat habituel où il se nourrit.

Bien que cette observation soit anecdotique, la concentration de nombreuses espèces à haute valeur patrimoniale dans ce secteur vient démontrer que les activités agricoles associées à des zones de protection pour la faune peuvent être très favorables à la préservation de la biodiversité.