En ce bel après-midi ensoleillé de mars, à la faveur d’une visite privée, nous avons le privilège de découvrir une partie du jardin secret d’Hervé Almuneau : sa collection d’outils anciens, d’objets rares et insolites de la vie rurale au 19ème et début du 20ème siècle.

A la recherche des outils oubliés

Depuis maintenant une vingtaine d’années, le vauverdois, ex champion de culturisme, parcourt les brocantes, les salons, les vide-greniers, à la recherche de pièces retraçant l’histoire des métiers d’autrefois. Il achète des lots d’outils ; ceux qu’il a en double, il les revend pour en acquérir d’autres et compléter ainsi sa collection. Il possède souvent plusieurs exemplaires d’un même outil car aucun ne se ressemble.

Les marteaux, par exemple, il en a entre 800 et 900 de toutes sortes. Dans sa cour, les vieux pressoirs, côtoient pompes à bras, fontaines, échaudoirs et autres pulvérisateurs. À l’intérieur de sa maison, il a sorti pour nous les présenter quelques objets rares qu’il a restaurés. Des bottes de pêcheur utilisées par les sagneurs, des bottes de cantonnier en fer, enduites de goudron, une herminette de charpentier (outil de travail du bois), une rouanne (pour le marquage des tonneaux), un compas de tonnelier, une clé anglaise datant de la dernière guerre, une pince à avoyer (pour restaurer les dents des scies), des tire-bouchons, des batteurs à œufs… bref, un « petit voyage dans le temps » !

Hervé est un collectionneur avant tout. Il n’achète pas pour revendre, il n’est mû ni par le goût de la spéculation, ni par le désir d’appropriation. Ce qui l’anime, c’est une véritable fascination pour les objets, imaginer le temps passé à les fabriquer, l’habileté de l’ouvrier ou de l’artisan qui les a confectionnés, leur usage, leur évolution.

J’imagine l’histoire de chaque outil en particulier. Déjà pour le faire, pour le forger… Pour moi ces objets ont une âme. Beaucoup d’ouvriers, d’artisans, fabriquaient leur propres outils. Pratiquement tous. Tous les outils qui sont là, sont des outils qui ont été forgés à la main, fabriqués par les utilisateurs.

Comment lui est venue cette passion ?

J’ai commencé à faire les puces au milieu des années 1980, au moment où j’ai fait construire ma maison Je venais d’arrêter la musculation, les compétitions, le culturisme. Je suis tombé amoureux des vieux outils et voilà, c’est parti de là. 

J’ai fait les vide-greniers, les foires, les salons d’antiquaires. Ce week-end, je viens de faire une grosse brocante en Italie. Je participe aux grandes manifestation populaires : Lille, Barjac, Isle-sur-Sorgue…

Passionné de bricolage et de travail manuel, il ne se contente pas de chiner dans les brocantes, il consacre des heures et des heures à retaper les outils, à les mettre en valeur, à leur redonner une âme.

À quelques mois de la retraite, Hervé Almuneau continue de récupérer, amasser, restaurer, protéger les outils et les objets du siècle dernier. Mais depuis quelques temps, il envisage de concrétiser le projet qui lui tient le plus à cœur : présenter au public, en particulier aux scolaires, sa collection et faire partager sa passion.

Mon but à la retraite serait d’aménager un lieu à Vauvert où je pourrais présenter au public et aux scolaires ces outils anciens et les métiers d’autrefois. Ensuite, j’aimerai monter une association avec des gens passionnés pour préparer les expositions.

Puisse l’idée faire son chemin… et Hervé Almuneau mener à bien un projet de musée original déjà si richement doté. Mais surtout, transmettre l’héritage et faire connaître aux nouvelles générations les métiers oubliés ou disparus, les conditions de vie de nos ancêtres.

Si vous vous apprêtez à jeter de vieux outils ou tout votre électroménager usé ou cassé, n’en faites rien !

Hervé Almuneau recherche toujours ces objets anciens ou instruments. Aussi, n’hésitez pas à prendre contact avec lui au 09 67 57 38 98.