Incontournable Georges Devaux, qui depuis plus de vingt ans, joue les « go-between » entre les différents ateliers du centre culturel Robert Gourdon. Deux mercredis par mois, il anime l’atelier de gravure et coordonne celui de dessin de nu.

Pour cette dernière activité, il sert de trait d’union entre le centre et l’atelier de dessin. Il s’agit d’un atelier libre où chacun se gère, comme l’explique Marie-Luce Bahier, elle-même participante assidue.

Deux fois par mois, nous nous réunissons autour d’un modèle que Georges a contacté pour une séance de trois heures de pose. Le modèle se place au centre de l’atelier, nous nous installons en arc de cercle et chacun s’exprime à sa façon pour réaliser son croquis.

Pendant une 1 heure 30, le modèle, une seule personne, femme ou homme, prend la pose. Puis, nous nous arrêtons 20 à 30 minutes pour nous détendre et boire un coup. Et, il reprend la pose pour 1 heure encore.

Les poses durent en général 5 minutes et toutes les 5 minutes, le modèle quitte une pose pour en reprendre une autre. C’est très physique. Tenir une pose 5 minutes et enchaîner immédiatement, ce n’est pas si évident que ça.

Nous disposons de 5 ou 6 modèles qui se remplacent. Ce sont des gens du spectacle ou du monde des arts plastiques. Il y en a un qui est performer, un autre tatoueur, une autre danseuse, une autre mannequin… Nous nous cotisons en début d’année pour payer les modèles.

L’atelier accueille des professionnels et des amateurs confirmés ou débutants. Parmi les professionnels, un est prof de dessin et fait un travail à la plume. Ses croquis sont quand même assez aboutis. Faire ça à la plume, direct, sans retour, c’est costaud. Une autre, architecte, a un coup de crayon assez extraordinaire. Son dessin est très personnel et se rapproche presque de la caricature. Une autre, encore, sculpte. Ces personnes sont là depuis 10, 15 ans et ont un vrai bagage et puis d’autres personnes sont plus débutantes.

Georges Devaux, quant à lui, il fait du dessin de nu depuis l’âge de 15 ans et 1/2 lorsqu’il était aux Beaux-arts.

Un dessin, c’est un dessin mais dans le dessin de nu, c’est particulier, il y a des choses qu’il faut capter, on n’est pas dans la copie conforme. On met le même dessin, le même modèle, on prend 10 dessinateurs, il n’y en a pas un qui fera pareil. C’est ce qui est vraiment motivant. Chaque séance, nous nous retrouvons à 7 ou 8. Nous avons été jusqu’à 12 certaines fois. Là, on regarde ce que font les autres et ça, c’est intéressant.

En gravure, je fais de l’initiation et de l’animation, j’apprends à dessiner aux débutants, tandis qu’à l’atelier de dessin de nu, qui est un atelier libre où les gens savent déjà dessiner, j’ai plus un rôle de coordinateur et je suis chargé de rechercher les modèles. J’ai une vingtaine d’adresses de modèles, mais on essaie de fidéliser, on a 3 modèles féminins et 2, voire 3 modèles masculins.

On fait 17 séances dans l’année, on démarre fin septembre et on finit fin juin. Tous les ans, on expose entre nous.
Cette exposition représente le travail de 8 dessinateurs de nu et 6 exposants pour la gravure.