« L’histoire du marquis de Baroncelli-Javon, Lou Marqués, c’est avant tout l’histoire d’une utopie. Une utopie qui a cette particularité d’avoir été réalisée.

Une utopie réalisée, c’est assez rare mais Folco de Baroncelli avait un rêve un idéal et les circonstances de sa vie, plutôt originale, ont fait que ce rêve s’est réalisé.

En remportant l’adhésion des camarguais et plus largement des provençaux et des méridionaux, il a façonné un espace, la Camargue, et un esprit.

La Camargue lui doit beaucoup, lui doit tout ou presque. Il a révélé son âme, il lui a donné son identité, sa notoriété, son périmètre sanctuarisé. Il l’a valorisée et magnifiée. »

C’est par ces mots laudateurs mais tellement justes qu’Annelyse Chevalier a commencé sa conférence sur l’illustre écrivain et manadier, Folco de Baroncelli. Une conférence intitulée : Folco de Baroncelli et les taureaux.

Samedi 1er février, au Grand Auditorium de Carré d’Art à Nîmes, à l’invitation de la Société Félibréenne La Tour Magno,  la Mestresso d’Obro dóu Felibrige, Chargée de la communication et de la culture aux Saintes-Maries-de-la-Mer, écrivain, chroniqueur taurin, a retracé les étapes marquantes d’une vie hors du commun, rappelé l’engagement absolu du marquis pour l’identité méridionale en particulier et pour celle des minorités opprimées en général.

Durant plus d’une heure d’un exposé captivant, illustré par des images projetées, Annelyse Chevalier a mis en lumière la personnalité, l’histoire familiale, les traits de caractère, les aspirations profondes de Folco de Baroncelli. Qu’est-ce qu’il se passe dans la tête d’un jeune gentilhomme bourgeois quand il décide de quitter le confort d’une vie douce et aisée pour aller souffrir de faim et de froid au fin fond d’un pays isolé et insalubre.

Elle a centré son propos sur le lien fusionnel entre l’œuvre mistralienne, la défense de la langue provençale, et les initiatives, la quête incessante du marquis pour façonner « la Camargue idéale ».

«  Pour lui, c’est par l’intermédiaire du taureau et de celui qui défend son existence, le gardian, que les Félibres peuvent espérer voir se soulever l’enthousiasme populaire pour les choses de Provence.

Le taureau, c’est celui qui nous défend, le gardian est le défenseur du terroir, celui qui vit dans l’authenticité.

Lou Marqués sera le médiateur de génie du mythe taurin. Il aura su jeter un pont entre la culture savante – la sienne – et les traditions des campagnes ».

Cette conférence a permis de comprendre comment Folco de Baroncelli s’est démuni presque jusqu’au sacrifice pour donner à ce bout du monde ses lettres de noblesse, la Fe di Biòu.