Une passion qu’on appelle l’aficion

Membre du club taurin l’Abrivado depuis 2008, Marie-José Querel représente les clubs organisateurs de courses camarguaises dans les instances fédérales. Élue sur la liste de Nicolas Triol, l’actuel président de la FFCC, elle brigue avec lui un nouveau mandat de quatre ans.

Les élections auront lieu le 18 décembre prochain. Les 2 207 licenciés de la FFCC participeront au scrutin par vote électronique.

« J’ai toujours eu à cœur de défendre la course camarguaise, qui est chez moi une grande passion. Mon fils Arnaud, raseteur, puis tourneur, a hérité de moi l’amour du taureau et de la piste. En 2016, lorsque j’ai été contacté pour rejoindre la liste de Nicolas Triol, je n’ai pas hésité. J’étais prête à m’investir totalement, en faisant entendre la voix des clubs taurins, cheville ouvrière, qu’il fallait mettre en avant. »

Une saison taurine 2020 très compliquée

La saison 2020 a été particulièrement marquée par la pandémie de Covid-19. Une crise sanitaire et économique sans précédent qui a impacté dès le mois de mars et le premier confinement le monde de la bouvine, manadiers, raseteurs, organisateurs, clubs taurins…

À la fédération de la course camarguaise où la nouvelle équipe autour de Nicolas Triol venait de se mettre en place, on redoutait les conséquences d’une « année blanche ».

« On se demandait comment on allait pouvoir faire pour sortir de cette impasse surtout au niveau des manadiers qui se retrouvaient dans l’impossibilité de sortir leurs taureaux, de les voir courir. Ne pouvant essayer dans les arènes les taureaux en âge de courir, ils craignaient de perdre une année sur l’évolution de leur cheptel d’un point de vue génétique.

Au mois de juin, nous avons travaillé sur un Plan de Reprise d’Activité (PRA) en concertation avec le ministère des sports et les préfectures des trois départements, Gard, Hérault et Bouches-du-Rhône. Nous avons été épaulés par le médecin fédéral, les manadiers, les raseteurs, les clubs, et des municipalités qui ont mis à disposition leurs installations. Dès l’obtention du feu vert du ministère, nous avons commencé par des petits entraînements des gamins des écoles taurines avec des taureaux emboulés. Port du masque pour les jeunes raseteurs, respect des gestes barrière, absence de public sur les gradins. Nous avons expérimenté la reprise dans trois ou quatre arènes, Vauvert, Baillargues, Fontvieille.

Un second PRA nous a permis de poursuivre avec les raseteurs stagiaires en catégorie Ligue qui ont pu se mesurer à des animaux un peu plus âgés (6 ans), cornes nues.

Enfin, début juillet, nous avons eu l’autorisation de reprendre les courses avec la mise en place d’un protocole strict pour le public. Jauge limitée à 30 %, gestes barrière, sens de circulation, pas de buvette… Pareil au toril, avec lavage des mains, présence alternée des manadiers…

Malgré ces contraintes et la crainte de devoir tout arrêter en cas de formation de cluster, nous avons eu la satisfaction de retrouver nos courses camarguaises et d’être la première fédération sportive à reprendre ses activités avec public.

On a pu sauver la saison. Mais à quel prix ! On a fait moitié moins de courses (450 sur les 800 à 900 des années précédentes) et les conséquences économiques sont considérables.

D’autre part, il n’y a pratiquement pas eu de spectacles de rue, abrivado, bandido, parce que le protocole de la préfecture était trop difficile à mettre en place. Peu de manifestations également en pays, ferrades, sorties de clubs, soirées, repas… Tout ça a été annulé. Les manadiers ont perdu beaucoup d’argent et malgré les aides de la Région, ce sont eux qui ont le plus souffert. »

Préparer l’avenir

Si la crise sanitaire a durement impacté la saison 2020 et va encore avoir des répercussions dans les prochains mois, la course camarguaise doit également faire face à des difficultés structurelles qui ne sont pas apparues cette année. Tout comme son président et ses collègues de la fédération, Marie-José Querel en fait le lucide constat.

« Face à une offre de loisirs et de divertissements variée et croissante, les arènes depuis plusieurs années souffrent d’une relative désaffection du public. Un public plutôt vieillissant qui a du mal à se renouveler. On ne sait pas faire venir les jeunes qui s’intéressent davantage aux spectacles de rue, abrivado, bandido auxquels ils participent activement. Les jeunes ont besoin d’adrénaline, de sentir le contact du taureau, de l’approcher, de l’attraper. Ils ont envie de participer alors que sur les gradins, ils sont seulement spectateurs.

Quant aux nouveaux arrivants dans la région, c’est un public difficile à convaincre, car la qualité d’un spectacle taurin étant par essence aléatoire, s’ils sont déçus une première fois, ils ne seront pas enclins à revenir.

C’est un peu la difficulté à laquelle sont confrontés les organisateurs. Arriver à monter des plateaux attractifs. Trouver un bon équilibre taureaux / hommes, proposer des affiches de qualité.

L’autre grand problème, c’est la difficulté à attirer les futurs raseteurs. Il y a de moins en moins de gamins qui s’inscrivent dans les écoles taurines. »

Avec le bien-être animal, qui prend une place de plus en plus importante dans notre société, voilà les grands défis que doit relever la Fédération Française de la Course Camarguaise. Le projet fédéral, porté par Nicolas Triol et la liste « La Fédération, c’est vous » est bâti autour de ces enjeux majeurs.