Photo © Faune Sauvage

Petit, il aimait jouer dans les ruisseaux et construire des cabanes. Ado avec son premier appareil photo il rêve de partir à l’aventure. « Même mes parents n’avaient jamais pris l’avion ! ». La vingtaine atteinte, le Cailaren ne résiste pas. L’appel des grands espaces devient une obsession qui va le mener jusqu’aux endroits les plus solitaires et dans des conditions extrêmes, au Népal ou Kilimandjaro.

ALAIN FOURNIER PORTRAIT

Les retours sont difficiles, la routine, un travail, des horaires, un monde qu’il trouve surfait, consumériste et antinaturaliste. L’abime de la dépression est proche.

Le vol d’un héron cendré sur la route des Iscles sera le déclic. Les magnifiques paysages de Petite Camargue et sa passion de la photographie lui ouvrent les yeux puis la voie. « J’aimais depuis toujours la photo. J’ai compris ce jour-là que je devais m’y consacrer pour montrer la beauté et la fragilité de la nature. »
Alain obtient un premier prix au festival de Camargue avec un héron garde-bœuf sur un cheval Camargue. Encouragé, il fait d’autres concours, devient champion de France de photographie nature puis gagne d’autres prix jusqu’au prestigieux concours international de Montier-en-der. « Tout s’est enchaîné, je suis passé pro en 2010. »


Le reporter autodidacte qui a appris avec les oiseaux de Camargue s’est hissé au sommet de la photographie. De grands magazines comme Terre sauvage, nat’image ou Image et nature lui ouvrent leurs pages. « Il y a une part de culot ! » dit-t ’il humblement, « j’ai juste tapé à leur porte. » Insatiable, il participe à des beaux ouvrages. Les textes lui permettent d’accompagner les reportages avec son ressenti. Le premier sera avec Thierry Vezon, professionnel de renom qui a été un peu son mentor.
Son nouveau livre sur les Cévennes lui tenait à cœur depuis des années. Les parcs naturels de France n’ont plus de secrets pour Alain mais il aime le côté intimiste du cévenol, pas toujours très accessible avec une faune riche mais secrète, difficile à saisir. « J’aime être seul avec la nature et en profiter avant qu’il ne soit trop tard. »

Des rencontres animales

Alain Fournier utilise la lumière, l’originalité d’une attitude, la rareté d’une espèce. Une composition artistique pour laisser une part d’évasion. Il aime faire partager son aventure, la capture de l’animal, le cheminement jusqu’à l’image. « Je veux saisir l’intimité, sans appât, sans provoquer. » Ses animaux fétiches sont les félins. Il n’a pas hésité à attendre plusieurs jours à l’affût pour un cliché même imparfait du lynx ibérique en liberté. Il n’en reste que deux cents espèces. Il photographe hors des sentiers battus, aime les défis, l’immersion et parle de rencontres animales. « Je sais que cela peut faire sourire » assume-t’il, « c’est fascinant ne de pas savoir ce que l’on va rencontrer. » Il voit encore devant lui le condor des Andes qui a déployé ses ailes.

Une quinzaine de prix


Primé au Festival international de la photo animalière et de nature de Montier-en-Der en 2008, quatre fois avec quatre premiers prix à celui de Festimages (2012 – 2013 et 2015) et élu meilleur auteur Nature à la Fédération Photographique de France  en 2008.

Six beaux livres


Camargue de Thierry Vezon et Alain Fournier, texte de Catherine Grive, édité par Déclics Éditions en 2010
Mercantour d’Alain Fournier, texte d’Anthony Serex, édité par Déclics Éditions en 2011.
Camargue Sauvage de Thierry Vezon et Alain Fournier, texte de Rozen Morvan et préfacé par Vincent Munier, édité par Biotope en 2011.
Insectes du Sud d’Alain Fournier, édité par les éditions Alcide en 2013.
Une Vie de Renard avec Franco Limosani aux éditions Weyrichseptembre 201

Son dernier livre est sorti en fin d’année Cévennes sauvages aux éditions Alcide.Un retour aux sources pour le photographe, reporter du bout du monde. Plus d’une centaine de photos dans le parc national pour faire rêver mais aussi réaliser que la beauté est à portée de main.
Un long travail sur plusieurs années pour traquer avec patience, camouflé, parfois dans des conditions rudes, la faune et la flore dans cet espace à la fois vaste et intime. Un ouvrage qui tenait à cœur au Gardois, rassemblant ses souvenirs d’enfance et ses aspirations à un monde moins superficiel, à un respect de l’environnement et de la nature tant menés à mal. Des images saisissantes mais qui sans la ténacité du photographe seraient insaisissables.

Cévennes sauvages, 144 pages, 25,90 € 
En vente la librairie Sauramps, sur le site des éditions Alcide et la page FB d’Alain Fournier.