De gauche à droite :  Mathieu Caput, Lukas Vialatte et Corentin Larroudé

Cette semaine, j’ai eu la chance de pouvoir m’entretenir avec Mathieu, Lukas et Corentin, les trois jeunes qui sont montés en ligue cette année. Au travers de quelques questions, ils se sont livrés sur leur passion, le contexte actuel, et sur d’autres sujets.

Lukas Vialatte, 18 ans

Passionné de taureaux depuis son plus jeune âge, il grandit dans le but de devenir raseteur. Il attend l’âge de 14 ans pour s’inscrire dans une école taurine. Avant cela, il pratique l’athlétisme pour se préparer physiquement à ce sport. N’étant pas attiré par le foot ou autres activités, se fut pour lui l’évidence de choisir un sport de tradition. Il est né dans cet environnement, dit-il.  Aller voir les courses camarguaises avec les papys et les mamies, fut le début de sa passion.

Il se décrit comme un faux calme, peu stressé par le public, il se focalise sur le taureau avec autant de facilité que personne ne peut le déconcentrer « mise à part ma mère » rajoute-t-il en riant. « Je suis le premier à être prêt, je suis sur une pile qui libère beaucoup d’adrénaline avant d’aller en piste ».

Une ambition et un dévouement récompensé, il monte en ligue et en ressent une grande fierté. son rêve d’enfant se réalise. Suite à cette annonce, les réactions des proches furent là, entre félicitations et le ressenti de sa mère qui reste stressée. Le stress d’une mère, c’est normal.
Certains lui disent qu’il est malade de faire cela, que c’est un sport dangereux, mais ces critiques qu’il entend parfois lui donne la force de se surpasser pour prouver le contraire, « on entend les choses et ça donne de la force » dit-il.
« C’est un sport individuel pendant la course mais on le pratique dans un esprit d’équipe, dans une ambiance collective. »
Il m’explique par la suite, qu’il aime bien détendre l’atmosphère en piste, en faisant le pitre pour que la tension et la pression descendent au sein du groupe !

Rien ne change pour lui pendant la crise sanitaire, il s’entraîne le week-end en travaillant la semaine, en tant qu’électricien nautique catamaran. À part le contexte compliqué et contraint à cause du Covid, c’est avec hâte qu’il attend le début de la saison.

Corentin Larroudé, 19 ans

C’est un ami qui l’a incité à venir à l’école de raseteurs et il l’a écouté. Au départ, il n’était pas « branché » école mais plus manade. Finalement, il se rend compte que cela lui plaît. Allant voir les courses depuis tout petit, il est intéressé par le contact avec l’animal. Un temps, il s’amuse en manade avec des copains puis il décide à 16 ans de s’inscrire dans une école de raseteurs. Trois ans en école avant d’être promu en ligue. Une grande fierté et un pincement au cœur pour Kévin Bruguière, son ami décédé, avec qui il partageait la même ambition.

Le fait de monter en ligue, lui permet de connaître un nouveau monde, autre que l’école de raseteurs, « l’ambiance, les lieux ». La réaction de sa famille fut enjouée. Ses parents quelque peu angoissés de ne pas pouvoir être présents à toutes les courses sont fiers, tout comme ses sœurs, ses amis, ses collègues.

On aborde le sujet de la rivalité. Il me confie qu’en piste il peut y avoir de la rivalité mais qu’il y a aussi de la solidarité. Et en dehors, il y a une bonne ambiance. « Dès que la Capelado démarre et la sonnerie retentit, on a une montée d’adrénaline, avec un peu de stress me dit-il. Le fait que maintenant on puisse aller à 30 km pour pratiquer des activités sportives nous a ouvert les arènes »

Pour le moment, il arrive à gérer sa vie personnelle, avec l’école, le travail, les taureaux et ses activités de pompier volontaire. Le covid change pas mal de choses. Etudier devient plus complexe. Ne plus voir les collègues, ne plus pouvoir sortir le soir, tout cela est frustrant.
 « Pour les entrainements, ça se passe bien, on respecte le protocole, ça commence à rentrer. La crise sanitaire nous pénalise cependant. Ça nous prive de la compétition et des courses à points ! » m’explique-t-il.

Mathieu Caput, 19 ans

Il a commencé à s’amuser aux courses de nuit et aux toro-piscine. Puis, allant voir les copains raseter, cela l’a tenté. Le challenge, l’art du raset et la technique, lui ont plu. À l’âge de 15, 16 ans, il décide de s’inscrire dans une école taurine. Puis, il y a un an, il a choisi de venir à l’école de raseteurs de Petite Camargue. Il débuta le sport en faisant du foot en même temps que l’école. Hésitant entre les deux, au départ, il ne s’engage pas à fond dans la course camarguaise. L’année dernière, mis en confiance après avoir réalisé une bonne saison, il décida de se focaliser sur les taureaux. Ce qui a fini par payer. Il monte en ligue, avec la satisfaction de voir son travail récompensé. « Cela fait plaisir mais avec un peu de stress quand le taureau va sortir » me dit-il. Il attend avec impatience la première course à points dès que la situation sanitaire s’apaisera.

L’annonce de sa montée en ligue, fut reçue avec joie par son entourage. Ses parents stressés mais fiers de lui, ainsi que ses amis l’ont félicité. « Voir des collègues en compétition l’année dernière cela ma motivé »
« Je mets toutes les chances de mon côté en espérant que cela paye » me dit-il, en plus des entraînements, il regarde des vidéos de course, pour apprendre ; parfois même au ralenti pour bien voir les mouvements, il me confie en riant, être vraiment accro à ce sport si singulier.

« On peut voir la rivalité sur les vidéos. Quand on monte en ligue, c’est un peu chacun pour soi, mais il y a une bonne ambiance » rajoute-t-il. En piste, le stress se fait sentir, mais on est porté par le public. Il faut raseter d’abord pour se faire plaisir, libérer de l’adrénaline, entendre le public ; et ce challenge lui plaît.

La crise sanitaire, il la trouve pénible surtout qu’il exerce une activité de serveur. Après un bac pro commerce, il décide de se diriger dans l’apprentissage en tant que serveur. Il fait l’école et le travail, avec les entraînements qu’il arrive à gérer parfaitement pour le moment.

Mathieu, Corentin et Lukas participent souvent aux entraînements des plus jeunes pour les soutenir et les encourager.
Leur objectif serait de monter au Trophée de l’Avenir et pourquoi pas au Trophée des As.
On le leur souhaite de tout
cœur !