Ne demandez pas à Claude Chevalier s’il a bien dormi jeudi soir, vous pouvez imaginer aisément la réponse.

Animer le concours d’abrivado, événement phare de la saison taurine, le matin du jeudi de l’ascension et présider la course du Trophée des As, l’après-midi dans les arènes, cela tient de la performance.

Assurer le bon déroulement d’une course camarguaise depuis le « Palco », Claude Chevalier le fait avec brio depuis plus de trente ans. Des compétitions et des arènes prestigieuses, comme la célèbre cocarde d’or à Arles, il connaît. Et même si l’animation d’un concours d’abrivado lui est moins familière, il s’est déjà frotté à l’exercice.

Alors quand Bruno Pascal, l’élu responsable des festivités lui a demandé d’animer successivement les deux manifestations, il n’a pas hésité bien longtemps malgré l’ampleur de la tâche à relever le challenge.

« Sur le coup, j’ai un peu hésité parce que faire le matin le concours et l’après-midi la course aux As, ça faisait beaucoup. Bien que ce soit un exercice différent, je n’ai pas eu d’appréhension parce que j’avais déjà animé un concours d’abrivado. La difficulté, c’est de tenir le micro sans interruption. Dès que tu attaques, tu sais que tu ne peux pas avoir de temps morts. Il faut meubler tout le temps. Pendant le déroulement des épreuves, j’étais en permanence en relais avec l’élu, Bruno Pascal, par talkie walkie. C’est lui qui coordonnait et me transmettait les messages au fur et à mesure afin que je puisse les communiquer au public.

Finalement tout c’est très bien passé. Et même si je n’ai vu que la fin de l’épreuve pour chaque manade, j’avais ma petite idée du classement. Les 150 derniers mètres sont déterminants. Sur la fin du parcours, il faut galoper, il faut « abriver ».

Le concours d’abrivado de Vauvert reste un des plus difficiles, un des plus passionnants. »

Concours d’abrivado : un règlement qui fait référence

Fondé en 1986 par Jean Brunel, le concours d’abrivado s’est doté d’un règlement dès l’origine qui même s’il a un peu évolué fait référence en matière de traditions camarguaises.

(Extraits)

Article 5 : Le nombre de cavaliers est limité à huit.

Article 6 : La tenue vestimentaire devra être correcte selon les traditions.

Pour la présentation, veste et chapeau font partie du costume de gardian.

Pendant le travail, une tenue uniforme sera remarquée par les membres du jury, dispersés tout le long du parcours. La veste n’est pas obligatoire pour le travail.

Article 7 : La morphologie des chevaux (le plus proche possible du standard Camargue) sera appréciée favorablement par les membres du jury.

Article 8 : Le nombre de taureaux est fixé à quatre, dont un âgé de 5 ans. Les taureaux sortiront cornes protégées ou sciées. Le jury notera défavorablement les manades dont les taureaux auront les protections des cornes fixées par des rubans adhésifs de couleur trop voyantes.

Article 9 : Une note supplémentaire sera attribuée au manadier qui arrivera avec les quatre taureaux groupés.

Article 13 : Les critères de notation sont les suivants :

Pour le jury situé sur le parcours de l’abrivado :
Tenue vestimentaire – 10 points
Présentation et harnachement – 10 points
Tenue du groupe (harmonie, vitesse) – 30 points

Pour le jury situé à l’arrivée (esplanade devant les arènes) :
Tenue vestimentaire – 10 points
Présentation et harnachement – 10 points
Réussite de l’abrivado – 30 points