Pour exposer à Vauvert, Emma a choisi les tons de la Camargue. « J’ai grandi dans cette lumière » explique l’artiste lors du vernissage le 6 janvier. Des études artistiques à Londres, une famille d’artistes, les couleurs du sud, les ingrédients sont réunis mais Emma va plus loin pour affirmer son art. L’artiste cherche le geste épuré, aller à l’essentiel pour capter la lumière et offrir à l’œil des sensations en jouant avec la transparence et les épaisseurs de pigment. Le fond est blanc, vierge, pour laisser la couleur créer le mouvement, l’empreinte de l’artiste, pour laisser l’esprit vagabonder. Le geste paraît répétitif. Il est pourtant étudié et maîtrisé pour devenir fluide, ne laisser qu’une trace légère, diluée pour retirer l’opacité et permettre l’évasion. L’imaginaire glisse sur la peinture. Rien ne le retient. Le travail recherché séduit le connaisseur et attire l’amateur. « Tant mieux si l’art abstrait questionne » poursuit Emma, « on a le droit d’aimer ou pas. » L’artiste joue avec les dualités, recherches et simplicité, transparence et densité, tensions et relâchements, concentration et spontanéité. L’œuvre naît dans cet équilibre.

La ville poursuit ses expositions pour mettre en avant le travail d’artistes locaux. Les styles et les thématiques sont variés. Une belle découverte à chaque fois. Les enfants en profitent car l’équipe culturelle a à cœur d’ouvrir le monde artistique aux écoliers vauverdois. « Les d’Emma Godebska savent toucher notre sensibilité » conclut Laurence Emmanuelli, adjointe à la culture.

Espace Jean Jaurès jusqu’au 4 février. Renseignements 04 66 73 17 33