You are currently viewing <em>Contre-piste</em> La chronique Bouvine de Marie-France Sabatié<br>Finale du Trophée de la Mer : CORAIL et CADENAS ovationnés !</br>
Corail de la manade Rouquette / Joachim Cadenas - Photo © Émile Martinez
Le Grau-du-Roi : Finale du Trophée de la Mer
Concours de Manades niveau As

Un temps ensoleillé, où le bleu du ciel apporte une sérénité relative à une journée qui s’annonce chargée par l’intensité à venir de la course, des arènes pleines, une capelado enchanteresse.

L’ensemble de la course fut au-delà de l’attente, tant elle fut belle, prenante, stressante, enthousiasmante, et Corail a apporté le degré supérieur à cette course (Quand le public se lève et ovationne), comme l’a été Joachim Cadenas pour un travail dans l’art que l’on peut attendre dans une course camarguaise. Juste Sublime ! Juste « énormissime » !

Vincent Félix, Ziko Katif, Tom Charrade, Ismaël Oukharti, Yassin Naïm, Léandro Léal et Jérémy Aliaga se sont investis dans la droiture, le travail et l’implication que cette course demandait. Un travail d’ensemble pour que la course brille !

Du Grand ! Du très Grand !  

Corail et Cadenas subliment la course.
Deux barrières infranchissables !

Corail de la manade Rouquette

Corail de la Manade Rouquette, 97% des suffrages et Joachim Cadenas, 77%, l’un avec l’autre, l’un et l’autre, en osmose, en combativité, en détermination, se dominent, et dominent. Quand deux adversaires de cette trempe se rencontrent, un moment de grâce s’ouvre dans les arènes. La rencontre de ces deux êtres fut belle, très belle, et laisse à la course toute l’envergure, l’art, le respect, la force que chacun peut en attendre.
Le public, debout, le public conquis, sous l’ovation !

Corail remporte, la finale, il est le Meilleur taureau sur les trois courses. Il est déclaré Meilleur taureau de la saison au Grau du Roi.
Trois trophées ! Corail peut prétendre au Biòu d’Or 2026.

Coups de cœur pour Bohémien de la Manade Rouquette et pour Socrate de la Manade Bon.

Le raseteur Jérémy Aliaga est honoré pour sa dernière présence en piste dans les arènes du Grau-du-Roi.

Joachim Cadenas (31 points), se sublime dans l’art du raset. Du premier au dernier taureau, il s’investit, se donne, s’implique dans la beauté, dans l’art de la tauromachie. Il impose son rythme, du rythme, et démontre ainsi qu’il est le numéro un de la course camarguaise. Il est dans son élément, l’arène, les taureaux, Quoi que l’on dise, quoi que l’on fasse, sa qualité des rasets est à son apogée, et cette course restera dans les annales. Il a fait aujourd’hui une démonstration de sa très grande capacité à anoblir la course camarguaise.

Meilleur Raseteur de l’ensemble du Trophée de la Mer (78%) et Meilleur raseteur de la Finale (77%).
Il n’a plus rien à démontrer, il est !

Sur la Totalité des courses du trophée de la Mer,
Sont récompensés, Yassin Naïm pour la seconde place et Vincent Félix pour la troisième place.

            1 – RINCON (514) de la manade Caillan – 11 ans

Rincon / Joachim Cadenas

Taureau difficile, les points comptent double.
Un vent de liberté souffle pour Rincon qui s’en va faire son tour en contre-piste. Au retour, la cocarde pour Cadenas, saute après Charrade, ignore la porte et passe par-dessus la balustrade. Anticipe Léal qui doit se jeter à terre pour lui échapper, et le premier gland échoit à Katif. Puis il se cale et laisse passer quelques rasets avant que Naïm ne lui ravisse le deuxième gland. Aux ficelles, Cadenas, en battant, l’entreprend, le cherche, le trouve, et s’il est pourchassé, il arrive à lui enlever la première ficelle. Rentre en silence sa deuxième ficelle.

            2 – FAUCON (721) de la manade Nicollin – 9 ans

Faucon / Tom Charrade

Un lourd, du lourd qui entre en piste, et c’est Naïm qui va vers lui, et ramasse le premier gland, puis les hommes se chargent de le mettre au travail et à Katif, la coupe, à Félix, la cocarde puis le gland. On passe aux ficelles, réveil de Faucon sur Léal qui se voit serré au plus près des planches sur l’air de Carmen. Oukharti aussi à sa suite et le disque résonne sur l’action soutenue de Faucon. Cadenas n’oublie pas son travail de sape et s’en va déchirer la ficelle. Félix démontre une qualité de raset dans sa demande, main sur la corne en déchirure de la ficelle, c’est beau ! Mais c’est Oukharti qui la souffle. La deuxième reste à faire, Cadenas repart, place sa main, craque. Réponse sur la demande de Naïm qui n’est pas loin de se faire embrocher tant l’action est soutenue et au plus près. Puis les gauchers le prennent en main et à moi, à toi, le mettent en valeur sur l’air de Carmen. Et c’est applaudi qu’il rentre sa deuxième ficelle. Retour en musique et 7 Carmen en piste.

            3 – LASCAR (401) de la manade Lautier – 12 ans

Lascar / Vincent Félix – Photo © Marie-France

Ensemble du moment où il faut bien regarder qui fait quoi, car tout va très vite, trop, vite ; il laisse sa coupe de ruban, à Félix, sa cocarde à Naïm et ses glands à Léal et Charrade. Aux ficelles, Cadenas s’y met, il y va une première fois, puis une seconde en traversée de piste où l’action est très applaudie car Lascar est en réponse soutenue et tout s’enchaîne sur l’air de Carmen. Lascar suit et chasse l’homme de son territoire en réponse ferme et déterminée. Rebelote pour Cadenas, Il passe, il craque, si bien que les hommes sont en mode prise, si forte, si déterminée, mais qu’à cela ne tienne, Cadenas est dans le jeu, il la veut, il la prend ! Énorme travail de Cadenas !
À la deuxième, Cadenas brille et fait briller. Comment ? En partant à la rencontre de Lascar,  dans un raset qui implose en piste, en beauté, énorme de beauté, droit, plein entier, main sur la corne, en coupe, en accompagnement, Carmen se joue !

Puis vient le temps de Oukharti qui lui aussi s’implique mais Lascar l’anticipe et c’est avec rudesse qu’il est raccompagné. Les raseteurs l’engagent dans un vire-vire soutenu et en finition. Très applaudi à sa rentrée au toril en musique et par 8 fois entend Carmen en piste.

4 – BOHÉMIEN (418) de la manade Rouquette – 12 ans

Bohémien / Joachim Cadenas

Il entre en majesté, Cadenas lui fait la coupe, manière de le mettre en pattes. Mais Bohémien est en mode réponse et chasse tout homme qui se porte à lui. Cadenas ne reste pas sur la touche, il est là pour combattre l’adversaire et Bohémien joue sur le même registre. Énorme raset de Cadenas, la demande est puissante, la réponse l’est tout autant, vive, déterminée le tout sur l’air de Carmen. Les rasets se suivent, Charrade  et Cadenas vont mettre le feu à la piste pour des rasets où chaque demande/réponse fait briller dans la force du jeu, dans la finition aux planches, dans une répartie qui enchante. Naïm en demande, qu’à cela ne tienne, Bohémien en réponse qui vous quille au plus près des planches à en réchapper de justesse ! Cadenas cueille la cocarde et les glands reviennent à Charrade et Cadenas.
Aux ficelles, Bohémien, a assez joué, maintenant c’est du sérieux. Il se cale, attend, observe ; il est sur son terrain, et quiconque s’approche est renvoyé illico presto, et c’est ainsi que Oukharti, courageux, un rien téméraire se porte à lui, est reçu avec fougue et renvoyé dans les planches. Katif s’essaye aussi, le raset est de valeur, Bohémien s’implique, s’applique, les hommes aussi qui ont, face à lui, honoré sa majesté en ne portant que de superbes rasets. Bohémien le mérite, il mérite ce travail de qualité, cette offrande, ce respect. Cadenas toujours sur un travail précieux, pointilleux. Tom Charrade le voit venir ou du moins sent son souffle derrière lui à la vitesse grand V, la ficelle pointe ses 1 000 € mais Bohémien la sauve. Regagne le toril sous l’ovation et en musique ; 9 Carmen en piste ! À souligner la qualité des rasets, Bohémien le vaut bien !

            5 – CORAIL (729) de la manade Rouquette – 9 ans

Corail / Ziko Katif – Photo © Marie-France

Il peut prétendre à obtenir le Biòu d’Or 2026, à lui de faire ses preuves avant la finale.

Déjà, sitôt entré, il montre sa vindicte à venir, gratte le sol et épie, à droite comme à gauche. Félix le surprend et fait la coupe. Pas content, Corail ! Il se cale, attend, coup d’œil à droite, à gauche, il est en place et en avant toute, il peut partir au combat, reste à trouver l’adversaire et il ne faut pas chercher, Cadenas s’impose en lui glanant avec justesse la cocarde ! Il met en second rang les hommes qui tardent à venir vers lui, disons juste qu’il les impressionne ! Pas Cadenas, lui, calcule, cherche l’angle accessible, cherche la prise, et si les hommes sont rejetés, lui  s’impose, et impose un rythme, un raset qui anoblit le prince consort. Katif part à la charge, traverse, Corail à sa suite, pense avoir fait le gland, mais non, que nenni c’est dans  le crochet de Cadenas qu’il partira sur une demande poussée, calculée, et tant qu’à faire pourquoi ne pas se réessayer sur le deuxième ? Demande/réponse, poussée à la barrière mais l’œil de Cadenas et la main sans la peur fouette le deuxième gland à 700 €. Aux ficelles, la prime monte d’emblée à 500, 1 000, 1 500 €, de quoi inciter les hommes à fournir plus d’élan à leur travail, mais… C’est Cadenas encore et toujours qui s’y colle pour le démarmaillage. 1 700, 2 000… 2 600… 2 800… Oukharti, appâté, s’élance, Corail sur les dents, à aller le croquer s’il le pouvait à la barrière, se soulève. Quel raset ! Quelle réponse ! Cadenas, énorme, s’engage, Corail au démarrage, Corail, en action, en réaction, en sublimation face à son adversaire, Carmen résonne. Les ficelles résistent sous la pression, et Corail les rentre sous l’ovation qui vous donne le frisson, sous les applaudissements de tout le public debout sur l’air du Toréador, des arènes en effervescence, en osmose avec ce moment de bravoure, d’art, de puissance… Un moment de grâce.

            6 – HOFFMANN (715) de la manade Blatière Bessac – 9 ans

Hoffmann / Yassin Naïm

En entrée, il passe au plat de résistance, et chasse Cadenas jusqu’en contre-piste, (Cadenas se fait mal). Katif ramasse la cocarde, Naïm s’octroie le gland ; puis prend Cadenas dans sa ligne de mire et s’envole après lui jusqu’en contre-piste en musique. C’estt qu’il l’aime cette contre-piste ; Cadenas une nouvelle fois, le sollicite ; Hoffmann saute, dégonde les planches et à Oukharti sur sa rentrée cède le deuxième gland. Hoffmann joue au portier, et si pas de porte, ce n’est pas grave, en ouvre une au passage. Cadenas, par trois fois, l’engage, en force, précision, détermination, mâche la ficelle, s’ouvre à lui, dans des demandes qui sous l’action font qu’il se retrouve souvent si ce n’est toujours en contre-piste avec Hoffmann, tant celui-ci le talonne au plus près. Mais ces actions n’empêchent pas Cadenas de saper les ficelles à son rythme, à la force de son poignet ; il les mâche bien. Oukharti s’en va à la chasse, revient bredouille mais la demande est belle et Carmen résonne. Cadenas enlève le paquet, un bon gros paquet, donc c’est le moment de voir la surcharge des hommes sur leur proie. Hoffmann se réfugie en contre-piste mais ne supporte pas les barrières qui font obstacle à sa vue, et hop, il les dégonde, ouverture pour un passage en piste. Cadenas, Katif, pour le brin restant, et finalement Cadenas sur une double demande dans la prise. Retour en musique et 6 Carmen en piste.

            7 – SOCRATE (936) de la manade Bon – 7 ans

Socrate / Léandro Léal

Une masse toute en musculature qui fait reculer le commun des mortels sauf Charrade qui lui, s’en va vers une demande et Carmen résonne. Socrate se soulève derrière Katif. Cadenas en fait aussi les frais et poursuite. Tom Charrade, lui ramasse le gland au passage, après tout, pourquoi pas : action de Socrate sur Cadenas, coupe, il ne fait pas bon le titiller le taureau de la Manade Bon. La cocarde pour Naïm et le deuxième gland pour Oukharti. Pulvérise les planches derrière Charrade, action Plus, Plus, Plus sur Cadenas qui doit se percher haut, très haut, Leal dans un saut pour lui échapper, et Charrade en action. Un taureau qui ne laisse personne sur la touche, il prend et donne tout au centuple de ses possibilités, sans rechigner, tout en bravoure, vivacité et fermeté. Retour des ficelles au Mas de Peint et 8 Carmen en piste sur des actions en finition explosive.

Un grand merci à tous, organisateur, raseteurs, manadiers pour la qualité de la course dû au travail de chacun. Une course riche en émotion, en combativité, en respect, une course à nul autre pareille, à garder en souvenir !

Le Grau-du-Roi
Dimanche 20 septembre 2026

Photos © Émile Martinez

Marie-France Sabatié

Passionnée de bouvine, je partage par l'écriture mon ressenti, ma passion sur ce qui fait la richesse de ce terroir, courses camarguaises, traditions, manades, ...
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