Franquevaux fut au Moyen-âge  l’une des plus célèbres abbayes du Bas-Languedoc, une abbaye de Camargue qui en comptait plusieurs, Psalmodi, sur la commune de Saint-Laurent d’Aigouze, Sylvéréal, Ulmet, sur les rives orientales du Vaccarès, et Franquevaux sur les bords de l’étang du Scamandre.

De ces abbayes de Camargue, Franquevaux a conservé le plus de vestiges. Vestiges sur lesquels sont édifiés caves, greniers, cuisines et autres bâtiments. Ils ont été enchâssés dans des constructions, de sorte que les traces de cette abbaye restent indélébiles.

La grande particularité de ce trésor bien caché, c’est que le hameau, d’environ cent cinquante âmes,  sur le territoire de la commune de Beauvoisin a depuis la révolution englouti ces vestiges. 

Faire connaître ce passé méconnu et valoriser le patrimoine de Franquevaux, c’est le défi que s’est fixée Monique Christol, adjointe à la Culture, au Tourisme et à Franquevaux. S’appuyant sur les travaux de l’historien amateur éclairé, Pierre Boyer, véritable mémoire du hameau, elle a durant six ans œuvré à ce projet de reconnaissance et à la mise en place d’un sentier d’interprétation de l’Abbaye de Franquevaux.

Le projet s’inscrit dans une démarche portée par le Grand Site Occitanie, avec la création « d’un circuit des abbayes » et va permettre d’ouvrir la voie vers d’autres sentiers qui viendront compléter celui-ci, tels que les chemins des Huguenots ou celui de Saint-Jacques de Compostelle.

Cette reconnaissance permettra également de déployer le tourisme équestre, cyclable et œnologique, ainsi que la réalisation d’un fascicule sur l’abbaye.

Le Syndicat Mixte de la Camargue Gardoise et l’Office de Tourisme « Cœur de Petite Camargue » ont signé une convention de partenariat et ont assuré le cofinancement  à parts égales du projet.

Lors de l’inauguration du sentier d’interprétation qui a eu lieu le 28 février dernier, en présence de Guy Schramm, maire de Beauvoisin, d’Alain Reboul, Vice-président de la Communauté de communes de Petite Camargue, Président de l’Office de tourisme, de Léopold Rosso, Président du Syndicat Mixte de la Camargue Gardoise, Monique Christol a tenu à remercier tous ceux qui ont contribué à cette reconnaissance de l’Abbaye de Franquevaux. 

À propos du sentier d’interprétation de l’abbaye

À partir d’ouvrages sérieux, ouvrages publiés, nous avons pu reconstituer l’histoire de cette abbaye

 Prosper Falgairolles : membre de la Société Française d’Archéologie et membre de l’Académi de Nîmes, qui publia : “L’abbaye de Franquevaux aux deux derniers siècles” en 1894 d’après les documents originaux et inédits

Il a écrit également : “L’Histoire de Vauvert !

Nous avons consulté aussi une thèse manuscrite d’un anonyme sur l’“L’Histoire de l’abbaye de Franquevaux

Léon Ménard qui cite des passages sur l’existence de l’Abbaye de Franquevaux dans son histoire du Languedoc.

Plus près de nous : Raymond Taillhade qui s’est passionné dans ses recherches d’archives pour écrire un ouvrage sur “L’Abbaye de Franquevaux”

Alain Teulade nous a beaucoup aidés avec son livre sur “Eternelle Passion palustre Posquièro-Vauverdoise” avec les luttes incessantes entre les moines de Franquevaux et la communauté Posquièro-Vauverdoise pour la jouissance du Courrejau.

Jean Cabot nous renseigne sur la navigation intra-lagunaire au Moyen Âge dans son ouvrage:“ Anciens Ports et Moulins en Petite camargue” où l’abbaye de Franquevaux fait l’objet de tout un chapitre avec son Port (Port Cabot) sur l’étang de Scamandre !

Alors forts de tout cela, de tout ce qu’ont écrit et surtout publié nos devanciers et internet, nous disposions d’assez d’éléments pour raconter l’histoire mouvementée de cette Abbaye de Camargue. Histoire de nos jours oubliée !

À partir des vestiges existants, encore visibles nous avons pu reconstituer le plan de ce monastère à l’époque de sa construction, milieu du XIIe siècle (1143-1208) date de la consécration de l’église”

Pour parvenir à la réalisation de ce sentier d’interprétation de l’abbaye de Franquevaux, il a fallu faire appel aux compétences de nombreux organismes, au premier-chef desquels les financeurs, qui ont mis aussi les compétences de leurs services. Mon rôle s’est limité à mettre à la disposition de ceux qui avaient en charge le dossier, des documents et un peu de la flamme de la passion, (de la motivation) à Monique Christol.

La petite vidéo, ce court métrage qui a été réalisé en 2003, il y a 17 ans, déjà. Le mérite je voudrais le partager avec : Thierry Bourdy, cinéaste réalisateur, Jean-Louis Bécat Maire de Beauvoisin qui est aussi mon ami. C’est lui qui en a eu l’idée avec mes amis, les anciens de Franquevaux, Messieurs Gibert et Fabre, figures marquantes que nous retrouvons dans le film.

 Pierre Boyer, le 28 février 2020