Abrivado dans la Grande rue de Beauvoisin début des années 1900.

Un cliché rare de tradition bouvine, vieille photo délavée, sans légende d’une abrivado à Beauvoisin, collection de Mme Négre Catherine.

“Une photographie vaut mille mots”, cette sentence pourrait paraître une évidence au premier abord. Sans légende on imagine, mais un minimum de renseignements est toujours nécessaire pour éclairer l’image sous un jour nouveau.

LE LIEU : bas de La grande rue à Beauvoisin , la maison n’a guère changé , le premier porche est transformé en fenêtre.

Epoque : fin du XIXe début XXe siècle sans avoir de date bien précise. Après quelques recherches aux archives départementales avec le nom du serrurier sur la façade de la maison. Je retrouve ce nom de François Brignet dans les feuilles recensement de 1896, en 1921 c’est le nom de Antonin Gourdoux qui apparaît. Catherine Négre apporte une information complémentaire “Pour la photo j’ai trouvé que ce Brignet Jean François serrurier était né à Nimes en 1848  Il a épousé Delphine Tournier de Beauvoisin  Il est mort en 1905”.

La Manade : Pour la manade j’ai fait appel au savoir de Jacky Tourreau (écrivain Taurin).

“La photo a été prise du balcon du Grand Café (cela semble être une évidence).
La photo (jointe) avec coiffeur – FORVIL distribuée par Houesson de Beauvoisin daterait plutôt des années 30.
Donc en comparant les 2 cartes postales, la vôtre est nettement plus ancienne.
Je la situe autour de 1907, où Louis Courtin notre manadier beauvoisinois – Président du Club taurin local et correspondant du Marquis de Baroncelli était lié d’amitié avec ce dernier.
Son taureau “Lou Provenço” a couru cette année-là à Beauvoisin. Dans mon livre ” les manades d’antan” page 152 vous pouvez lire : Le Marquis de Baroncelli, de 1899 à 1930, aura le quasi monopole de la fourniture des taureaux pour la fête, tant à Beauvoisin, qu’à Franquevaux.
A la page 195, je montre également une photo d’abrivado du manadier Louis ROBERT (avec Fanfonne Guillierme et De Montaut)

Il ne s’agit pas d’une abrivado de Granon, car la plupart de ses gardians avaient le chapeau de la marque (rond), et Granon était en tête de la cavalcade.
Selon moi, il ne s’agit pas non plus de la manade Papinaud où Gustave est mort en 1903, et reprise par Mathieu Reinaud en 1904.
Je pense sincèrement qu’il s’agit d’une abrivado de Baroncelli, où les cavaliers étaient particulièrement nombreux.
J’ai bien connu Marceau Gourdoux et son père (serrurier) qui occupaient le lieu. (Ce sont de toute vraisemblance les descendants d’Antonin Gourdoux).

Auteur de la Photographie : Naturellement j’ai pensé à Gaston Bouzanquet, Vauverdois, photographe des traditions camarguaises du 19e siècle. je m’en réfère à l’avis de Jacky TourreauConcernant la photo de l’abrivado, ce n’est pas sûr qu’elle soit de Gaston BOUZANQUET, car je pense que si c’était le cas, elle figurerait vraisemblablement sur le site ” LA JOCONDE “ du Ministère de la Culture, où il y a déjà plus de 3 000 clichés de Gaston Bouzanquet.
D’autre part, la qualité de l’image ne serait pas dans les habitudes de ce grand photographe.

Sources : Catherine Négre, Jacky Tourreau, archives départementales du Gard.

Les manades d’antan de Jacky Tourreau.