Depuis la rentrée de septembre, l’école de musique de Petite Camargue compte dans son équipe d’enseignants, un musicien professionnel et pédagogue reconnu, une pointure dans son domaine, le guitariste Jean-Marie Frédéric.

Le Sétois d’origine – il est né dans « l’île singulière » en 1965 – a débuté la guitare en autodidacte à l’âge de 11 ans.

« J’ai commencé tout jeune grâce à un ami qui me faisait écouter de la musique et à ma grand-mère qui m’a offert une guitare pour ma communion. Je me suis passionné pour cet instrument et très vite, j’ai voulu en faire mon métier.

Devenir musicien professionnel, mon rêve s’est peu à peu transformé en réalité. Et depuis toutes ces années, j’ai partagé mon temps entre l’enseignement et la scène. J’ai toujours fait les deux.
Je suis spécialisé dans le jazz et les musiques du monde, je voyage beaucoup, j’ai la chance de partir à l’étranger depuis longtemps et de jouer avec une pléiade de musiciens. J’ai cette expérience là : croiser des cultures différentes et pouvoir sans cesse m’enrichir musicalement.
Pour moi, enseigner et aller jouer sur scène, ça marche ensemble. Si je n’allais plus jouer, est-ce que j’enseignerai encore ? C’est pas sûr. »

Nourri de rock, de jazz, de musiques du monde et expérimentales, Jean-Marie Frédéric est avant tout un musicien de rencontres, de découvertes, toujours en quête de nouveaux sons, de nouvelles musiques à jouer.

« J’ai joué et continue de jouer essentiellement en concert. Des concerts de jazz et des musiques improvisées. C’est la voie que j’ai choisie très vite et j’ai eu la chance, de jouer avec plein de gens, de ne pas arrêter. Je me suis retrouvé dans des groupes prestigieux comme celui de René Nan, entre autres, l’un des batteurs attitré de Claude Nougaro. »

Jean-Marie Frédéric a participé à l’enregistrement d’une trentaine de CD en tant que leader ou sideman, et voyagé aux quatre coins du monde (Inde, Nigéria, Burkina Faso, USA, Vietnam, Laos, Israël, Grèce, Russie, Guatemala, Honduras…).

Il s’investit depuis 30 ans dans de nombreux projets artistiques, proposant ses talents de guitariste, de compositeur, d’arrangeur, et parallèlement, poursuit une intense activité en tant que pédagogue passionné.

« J’ai commencé à donner des cours à l’âge de 18 ans quand j’ai arrêté mes études. En fait j’avais le choix entre faire du bal ou commencer à donner des cours. J’ai essayé un peu le bal ça ne m’a pas plu. Et tout de suite, je me suis plus retrouvé dans l’enseignement musical. Un vrai choix de cœur.

Pourquoi ça me plait autant ? Parce qu’enseigner, ça oblige à faire passer par soi-même ce qu’on va dire aux autres. Donc, on progresse soi-même en transmettant aux autres.
C’est ça qui m’intéresse. Je pense qu’enseigner, c’est pour moi une vocation. Peut-être plus que la scène. Pendant longtemps, je me suis senti beaucoup plus un pédagogue qu’un musicien de scène, alors que je n’arrêtais pas de faire de la scène. »

Pendant plus de 30 ans, Jean-Marie Frédéric a dirigé l’école de musique de Balaruc-les-Bains où il continue d’ailleurs à enseigner la guitare. Mais il souhaitait s’alléger des tâches de direction et de coordination pédagogique afin de se consacrer à ses deux passions : enseigner et aller jouer sur scène.

Il a ainsi saisi l’opportunité de postuler à l’école de musique de Petite Camargue après le départ à la retraite de Joël Privas.

«  Déjà, ce qui m’a qui motivé, c’est que je connaissais Philippe Guyon – j’avais participé plusieurs fois au stage de jazz – et on avait bien accroché. Je savais qu’ici, humainement, il y avait une vraie attention, ce qui n’est pas le cas partout. Enfin, ce qui m’a décidé, c’est que j’arrive à une dernière étape de ma vie professionnelle et que j’ai envie de faire les deux choses que j’aime le plus : enseigner et jouer en concert. »

Ses cours à Vauvert sont suivis par 34 élèves de tous âges, à partir de 6, 7 ans jusqu’à des adultes et des personnes plus âgées. Jazz et musiques improvisées restent le fondement de son enseignement.

« Ici, j’ai un peu tous les publics, tous les âges et des niveaux très différents qui vont des débutants, jusqu’à des musiciens qui veulent se perfectionner. Je donne actuellement des cours de guitare à des professeurs de l’école comme Hervé Loche ou Jean-Luc Ribes pour tout ce qui est improvisation. C’est ce qui est chouette, car je me retrouve avec de très bons guitaristes qui eux aussi sont passionnés, qui veulent continuer dans ces domaines-là, je trouve ça super.

Ma motivation est intacte. Ça ne veut pas dire que parfois je n’ai pas des moments de lassitude, car 34 élèves sur 20 heures de cours c’est intense mais quand je suis en cours, c’est reparti.

Les jeunes qui arrivent et qui ont envie de travailler cet instrument – je ne vois pas de différence par rapport aux jeunes, il y a 30 ans – et même en ce moment avec cette crise qu’on est en train de vivre, que ce soit pour les jeunes ou les moins jeunes, je sens qu’il y a un besoin de nous retrouver, une envie de communiquer, de partager. »