À l’invitation du collectif du Printemps de l’Education contre les Discriminations et le Racisme, Nicolas Cadène, ex-rapporteur de l’Observatoire de la laïcité a tenu une conférence-débat sur ce thème fondamental du vivre ensemble dans la République.

Reprenant l’expression du Professeur Rivero « Laïcité, le mot sent la poudre », il a en préambule dit combien le sujet était délicat et faisait l’objet de controverses.
Le seuil du droit franchi, la laïcité ne soulève pas de difficulté majeure. En revanche, il n’y a jamais eu une seule conception intellectuelle ou philosophique de la laïcité. Chacun a tendance en ce domaine à identifier sa propre vision subjective de la laïcité.

En France, la laïcité est l’un des grands principes de la République : chacun est libre de croire en un dieu ou plusieurs, de ne pas croire, de changer de religion, d’adopter ou d’abandonner une religion.

La laïcité garantit la liberté de conscience. De celle-ci découle la liberté de manifester ses croyances ou convictions dans les limites du respect de l’ordre public. La laïcité implique la neutralité de l’Etat et impose l’égalité de tous devant la loi sans distinction de religion ou conviction.

Après les définitions, Nicolas Cadène a rappelé les textes fondamentaux sur lesquels reposent la laïcité.
–  La déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789 (articles 1, 4 et 10).
–  Lois Ferry de 1881 et 1882, complétées par la loi Goblet de 1886 qui aboutissent à l’instauration de l’école publique laïque, de la laïcité à l’école en confiant à un personnel exclusivement laïque l’enseignement dans les écoles publiques, remplaçant les instituteurs congrégationnistes. 
– Loi de 1905 concernant la séparation des Églises et de l’État. C’est avant tout une loi de liberté, puisqu’elle pose comme premier principe celui de la protection de la liberté de conscience et la liberté religieuse.
– Loi du 15 mars 2004 interdisant le port des signes religieux ostensibles à l’école publique.
– Loi du 20 avril 2016 relative à la déontologie et aux droits et obligations des fonctionnaires ainsi que la jurisprudence du Conseil d’État fixant le principe de neutralité du service public.

C’est la loi de 1905 qui même si elle ne comporte pas le mot « laïcité » en définit l’équilibre général.
Celui-ci repose sur trois fondements essentiels :

– liberté de conscience, liberté de culte, liberté vis à vis de la religion, liberté de manifester ses convictions, ses croyances quelles qu’elles soient. Tout cela dans les limites du respect de l’ordre public. On peut pratiquer une religion comme on peut aussi la contester, la critiquer.
– la séparation des institutions publiques et des organisations religieuses. De cette séparation découle la stricte neutralité de l’État, de toute l’administration publique, de tous les services publics.
– l’égalité de toutes et tous devant la loi, devant l’administration publique, devant l’État, quels que soient leurs convictions ou leurs croyances éventuelles.

C’est de cet ensemble de fondements que découle le respect de l’autre dans sa conviction ou dans sa croyance qui est rappelé par notre constitution mais aussi que découle notre citoyenneté commune qui suppose les mêmes droits, les mêmes devoirs pour toutes et tous. Ces dernières dynamiques contribuent à l’idéal républicain de fraternité.

Nicolas Cadène a ensuite abordé le volet historique de la laïcité. D’où vient notre laïcité pour bien la comprendre et pour éviter ses mauvaises applications ?  Il a rappelé le contexte général quant à l’application de notre laïcité française.

En conclusion : La laïcité, c’est quelque chose qui se vit, qui se pratique au quotidien. La laïcité est un principe qui quand il est pleinement appliqué et bien appliqué permet plus que de vivre ensemble, il permet de faire ensemble. Et, de faire de nos différences une force et non pas une faiblesse.

Avant de laisser la place au débat, il a tenu a évoquer la figure de son arrière grand oncle, Raoul Allier, natif de Vauvert, normalien, agrégé de philosophie. Chargé de cours à la faculté de théologie protestante de Paris, Raoul Allier qui a œuvré pour la loi de 1905 était le frère de Paul Allier, ancien maire de Vauvert de 1910 à 1937.