Il est situé sur la route qui mène d’Aimargues à Vauvert dans le Gard. On l’aperçoit très distinctement en se dirigeant vers Vauvert sur votre droite tout à côté du « Mas du Trident » bien connu pour sa production de fromages de brebis.

On y accède par le chemin de Saint Sauveur, nom donné par des pèlerins de Saint Jacques de Compostelle qui, venant de Saint Gilles, rejoignaient par ce chemin l’hôpital de Gallargues le Montueux, en passant aussi par la prieuré tout proche de Saint Pastour qui leur servait de halte avant de rejoindre Montpellier.

Ce qui caractérise ce colombier est sa conservation extérieure liée au crépis protecteur qui le recouvre dont les anciens enduisaient toutes leurs constructions. A base de chaux, ce crépis au ton ocre très caractéristique protégeait la pierre du Gard servant de base à toutes les constructions locales. Ce n’est qu’à la faveur des acquéreurs de certains biens locaux que les « estrangères » comme on les nomme en pays gardois ont entrepris de décrépir leurs nouveaux biens pour laisser apparente cette fameuse pierre gardoise tant prisée mais maintenant si exposée aux aléas du temps. Une autre caractéristique de ce crépis réside dans sa capacité à donner une toute autre image de la construction qu’il ceinture suivant l’heure d’exposition solaire. Son ton ocre naturel varie du tout au tout et vous offre une vision toute différente du monument selon son ensoleillement.

Peu nombreuses, les entrées laissées libres d’accès aux pigeons se situaient tout à la cime de la construction recouverte d’un enduit étanche donnant de loin l’illusion d’une toiture quatre pans en ardoise.

On compte seulement deux entrées par façade surplombant chacune un fenestron rectangulaire qu’utilisaient les propriétaires d’antan pour la surveillance de l’environnement. Aujourd’hui ce colombier est inhabité. Il constitue seulement un amer remarquable au randonneur de passage en Petite Camargue.

Paul-Edouard Despierres