Photo : mécano, ripeurs, président Océan, agents CCPC

Rue Ampère à Vauvert, nous avons rencontré le discret employé d’Océan, Loutfi Labyad. L’entreprise Nîmoise gère la collecte des ordures ménagères pour la communauté de Communes de Petite Camargue. Son service environnement et les responsables de Loutfi ont souhaité faire son portrait, esquisser son parcours, un modèle d’engagement et de réussite.

Loutfi a grandi à Vauvert. Les rues, les quartiers et les villages alentours, il les connaît bien. Dès 18 ans, le permis poids lourd en poche, il commence à conduire des pelleteuses. Les habitants aussi le connaissent et l’apprécient. Un jour, son ancien professeur du collège lui conseille de s’inscrire en agence d’intérim. « C’est Jean Denat ! » s’exclame Loutfi en riant discrètement, « il connait toute ma famille. » Cela fait maintenant dix ans, mais il s’en rappelle bien. Une semaine après, Loutfi décroche une mission, ripeur. Il la prend très au sérieux. « C’est un beau travail. Il ne faut pas le sous-estimer. » Le premier jour, il s’en souvient également. « Je stressais tellement que j’ai fait toutes les poubelles à la main de Vauvert à Gallician pour finir dans les temps. J’avais peur d’utiliser les boutons de chargement ! »

Ripeur, chauffeur BOM, chef d’équipe puis agent de maîtrise

Un travail rude, seul derrière le camion par tous les temps, dès 5h du matin. Sept heures de tournée. Loutfi fait consciencieusement la collecte et les refus de tri. Il décroche un emploi fixe et poursuit derrière la benne. Au bout de deux ou trois ans, il devient conducteur BOM, benne à ordure. « Le gros camion ! » précise-t’il. « Je faisais la même chose mais dedans. » Une première progression. Loutfi l’explique par sa bonne connaissance des secteurs de Petite Camargue. Certes, il avait la  maîtrise des tournées, mais pas que. Il a surtout envie de bien faire et se soucie de ses collègues. « Pour que l’on ne rentre pas trop tard, à 14 ou 15h, je donnais des consignes spontanément, j’essayais de faciliter le travail. C’était pour le bien de tout le monde. » Cet esprit d’équipe remarqué le fait promouvoir chef d’équipe au bout de six ans. Moins de trois ans après, Océan propose à Loufti de devenir agent de maîtrise, organiser les départs le matin, les plannings, gérer les absences, les refus de tri, les poubelles non collectées. « J’ai dit oui, mais que je préférais rester chef d’équipe en attendant de faire mes preuves. Je ne voulais pas le grade de suite. » Le jeune homme avait peur d’échouer. « J’ai fait en sorte de ne pas trahir leur confiance. » Pour honorer sa nouvelle fonction, Loutfi ne compte pas ses heures. « Au tout début je dormais presque au dépôt ! Je voulais être sûr que je m’en sortirais à faire les plannings sur l’ordinateur. »

La communauté de Communes de Petite Camargue (CCPC) est cliente et partenaire d’Océan. Loutfi fait désormais le lien avec les agents et aussi les élus. Tous savent qu’ils peuvent compter sur lui quand il y a une urgence, des travaux à contourner, une collecte spéciale ou un changement de tournée. « Cela n’a l’air de rien, mais modifier une tournée comme à Vauvert, cela demande de tout réorganiser » précise-t’il. « Pour nous il est comme un agent » s’exprime Laurence Colombaud, la responsable du service environnement, « à travers la qualité de la collecte, il représente la collectivité, le service public. » Laurence a souhaité mettre un peu en lumière Loufti. Elle a son bureau en face du hangar qui abrite les bennes. « On se côtoie tous les jours. Il faut travailler main dans la main. » Pour Salem Benaïssa, le directeur d’exploitation d’Océan, l’investissement de Loutfi est rare. « Il aime vraiment ce qu’il fait et est voué à son équipe.» L’entreprise familiale créée par Emiliano Marcos, président fondateur, met en avant ses collaborateurs et connait leurs proches. Seize d’entre eux sont à Vauvert. « Ils m’ont permis d’arriver là où je suis. Ils sont très humains. Je me devais de ne pas les décevoir » explique Loutfi.

Cela va faire un an qu’il est agent de maîtrise. Il arrive toujours deux heures avant ses équipes. « Je veux que tout soit prêt pour 5h. » Son travail est dorénavant moins pénible physiquement, mais pour lui, c’est plus difficile psychologiquement. « Je pense tout le temps à mon travail. Aujourd’hui n’est pas terminé que je pense à demain. » Quand il rentre chez lui, il est fatigué, mais heureux de retrouver sa femme et ses deux enfants. Il les remercie d’être à ses côtés et de le soutenir. Quant à ses collègues, ils le reconnaissent comme chef. « Je connais le travail et je suis toujours resté pareil avec eux. J’ai travaillé depuis le bas de l’échelle jusqu’en haut, je connais tous les gars. » Il n’hésite pas non plus à retourner sur le terrain s’il le faut, en remplacement ou en cas de problème.

A 34 ans et en dix ans, Loutfi a gravi tous les échelons de son poste naturellement, pas par ambition. « Je n’avais pas fait de grosses études. Je ne pensais pas arriver à cela. J’aime faire bien ce que je fais en tout cas je fais tout pour. Avec l’envie, on arrive à tout ! »