Après une première peinture murale dédiée aux musiques actuelles, le talentueux graffeur, Benoît Drogoul, alias Pyrate, vient d’immortaliser trois artistes de légende de la musique classique. Trois portraits d’un réalisme époustouflant qui ornent désormais la façade de l’école de musique, équipement culturel majeur d’un quartier en cours de rénovation.

Considéré comme le plus grand trompettiste du 20e siècle, Maurice André est né en 1933 à Rochebelle, près d’Alès, et mort en 2012. Adolescent, il travaille à la mine. Parallèlement, il étudie la trompette. Initié par son père, un passionné de musique classique qui fut son premier professeur, Maurice André a intégré le Conservatoire de Paris en 1951, à l’âge de 18 ans, première étape d’une carrière jalonnée de prix et de récompenses.

Musicien de génie, lauréat de nombreux prix, il a donné plus de 2 700 concerts dans le monde entier !

Surnommée la Divina, la cantatrice Maria Callas (1923 – 1977) a bouleversé l’interprétation lyrique par la force dramatique avec laquelle elle imprégnait tous ses rôles. Elle a abordé un répertoire très vaste grâce à une voix au timbre et à l’étendue exceptionnels, mais aussi grâce à sa capacité époustouflante à intégrer de nouveaux rôles. Sa voix légendaire, ainsi que le personnage public qu’elle a construit au fil de ses meilleures années sur scène, font de Maria Callas l’une de plus grandes cantatrices du XXe siècle.

Mstislav Rostropovitch voit le jour le 27 mars 1927 à Bakou, dans un Azerbaïdjan alors province russe. Violoncelliste et chef d’orchestre d’origine russe, c’est une figure majeure du XXe siècle. Brillant interprète, commanditaire de nombreuses œuvres contemporaines, Rostropovitch est aussi un musicien engagé politiquement pour la défense de la liberté d’expression. Rostropovitch devant le mur de Berlin, en duo avec son ami Britten, une image qui a fait le tour du monde.

Dévoilant la seconde fresque, samedi 11 mai, le président de la communauté de communes de Petite Camargue, Jean-Paul Franc a rappelé la genèse du projet porté et financé par la collectivité (7 500 € pour un ensemble de trois fresques). Il a salué l’artiste Pyrate et a remercié les jeunes du quartier et l’association Rives, maître d’œuvre de la réalisation.

« Benoît Drogoul, un artiste incroyable ! » s’extasie Philippe Guyon, le directeur de l’école de musique. « Comment, il fait ça ?  Bien, il fait ça avec des bombes, il projette une image sur le mur. Il attend que le soir tombe, il fait une ébauche très rapide au fusain, et puis après dans la journée, avec la photo à l’appui, il travaille vraiment tous les détails. On voit sur Maurice André, les rides, les plis de la main. C’est un travail extraordinaire. »

La dernière partie du triptyque mettra à l’honneur le jazz. En 2020, le saxophoniste Charlie Parker, la chanteuse Ella Fitzgerald et le pianiste compositeur Michel Petrucciani prendront place pour la postérité aux côtés de Two-pack, Amy Winehouse, Stevie Wonder, Maurice André, Maria Callas, Mstislav Rostropovitch.

« On aura ainsi les trois courants musicaux, jazz, musiques actuelles et musique classique, qui fondent l’enseignement dans notre école de musique et je suis fier et honoré que mes professeurs puissent amener tous ces courants musicaux et les transmettre aux 870 élèves. »