Il semble se trouver au milieu de rien, enfoui dans la végétation, on pourrait pratiquement passer à côté sans le voir. Et pourtant, avec un peu d’attention on le découvre. Ses murs d’enceinte, ses bastions, son fossé, sa forme encore bien distincte apparaissent à qui veut bien prendre la peine de s’arrêter un instant.

Le fort de Peccais implanté sur la commune de Saint-Laurent d’Aigouze est situé au sud-est de la commune d’Aigues-Mortes à environ une dizaine de kilomètres à pied ou à vélo. Qu’est-ce qui a pu pousser des hommes à construire un fort à cet endroit ? La réponse tient en un mot : le sel. À l’époque de sa construction en 1569, l’activité principale autour du fort était la culture du sel. On s’affairait dans les salines pour récolter ce bien précieux et jusqu’à 2 000 saisonniers pouvaient se trouver dans les environs pendant la période des récoltes. Pour le transport, on utilisait des barges via les canaux jusqu’au Rhône. Le fort servait à protéger les salins des pilleurs et des contrebandiers et c’est là aussi que l’on prélevait la gabelle avant de poursuivre sa route. Le fort permettait ainsi d’assurer un contrôle permanent sur les salines et les canaux. Au départ essentiellement en bois, il est reconstruit en pierres en 1630, deux portes et pont levis en permettaient l’accès. Une garnison qui pouvait compter jusqu’à 20 soldats occupait le fort. C’est à partir de 1790 date de l’abolition de la gabelle que le fort perd peu à peu de son importance et son état se dégrade. Lors de la seconde guerre mondiale, les allemands utiliseront cet endroit stratégique et y bâtiront des blockhaus, encore bien visibles, et des abris.

Aujourd’hui, il reste des vestiges au milieu d’un environnement et des paysages superbes tels que sait nous les offrir la Camargue. Le simple fait de se trouver là, a quelque chose d’irréel. Si vous aimez la nature, le calme, les lieux insolites, si vous aimez contempler les traces de l’histoire cette destination est idéale. Sur le panneau d’information sur place on peut lire que le fort est en attente de sa mise en valeur… en tout cas il le mérite.

JLM