Bientôt 7 ans d’âge pour l’Entente Colombophile de Camargue
Et que de chemin parcouru depuis !

Tout récemment, le nouveau Président de la Fédération Colombophile Française, Benoît Caillez, prenait contact avec Paul-Edouard Despierres, Président fondateur de l’Entente Colombophile de Camargue, association affiliée FCF créée le 4 août 2015.

Du long entretien et des échanges qu’ils ont pu avoir aussi depuis le mois de mars, sort finalement cette interview qui retrace l’essentiel de ce que l’Entente Colombophile de Camargue a souhaité mettre en place en créant une association colombophile entièrement dédiée à la jeunesse.

C’est l’intégralité de cette interview que nous vous retranscrivons ici.

Une vingtaine d’adolescents passionnés par le pigeon voyageur et tous licenciés d’une association colombophile affiliée à la Fédération Colombophile Française, c’est possible ! Installée à 30740 Le Cailar (Gard), l’Entente colombophile de Camargue en est la démonstration. Explications avec son Président fondateur, Paul-Edouard Despierres.

La colombophilie, il la connaît depuis son adolescence : à 15 ans sa grand-mère lui offre ses premiers pigeons voyageurs. Il est alors installé dans le nord de la France. « Ma famille maternelle est roubaisienne, mon père agriculteur dans l’Aisne : j’ai baigné dans l’élevage, cela a toujours été une passion. »

Poussé par la famille, il choisira cependant de « faire médecine » et choisira les maladies de la voix comme spécialité. « En 1974, j’ai eu l’opportunité de m’installer au Grau-du-Roi. » Le voilà parti « pour le midi » et le Gard.Les pigeons voyageurs sont toujours bien présents, mais en dilettante. « Je me suis mis à en élever quelques-uns dans les années 80. Un voisin m’en a aussi offert quelques-uns. » Au changement de siècle, il adhère finalement à la société de l’Aile Saint-Gilloise, association de Saint-Gilles et du groupement Marcel Dacquet, en 15e région (Alpes, Bouches du Rhône, Gard, Hérault, Corse, Var, Vaucluse).
En 2008, ce sont les premières victoires sur des concours régionaux.

Paul-Edouard Despierres a cependant envie d’autres choses qu’une colombophilie sportive pure et dure. Le monde associatif il le connaît, la formation des jeunes et la vie d’une fédération aussi. Notre passionné aime les airs avec les pigeons voyageurs, il apprécie également les flots et la mer avec la voile : Président pendant 15 ans d’un club de voile à Port Camargue puis 10 ans à Aigues Mortes, il est même élu président de la Ligue de Voile d’Occitanie (aujourd’hui 81 clubs). Il met en place avec sa fédération le dispositif national « Je suis Jeune Arbitre ». Il assure maintenant un troisième mandat à la tête de la Ligue de Voile d’Occitanie. Arbitre de la FFVoile et membre du Comité Régional Olympique et Sportif, il vient d’entrer tout récemment au Bureau Exécutif du Parlement de la Mer de la région Occitanie.

Le 4 août 2015, accompagné de quelques adultes de ses amis, Paul-Edouard Despierres fonde l’Entente colombophile de Camargue avec une précision statutaire importante : n’importe qui peut adhérer, même s’il n’a pas de pigeons chez lui. Seule vraie condition pour cet adulte : il doit parrainer un jeune de moins de 15 ans. La formule remporte tout de suite un franc succès : l’association compte aujourd’hui une quarantaine d’adhérents, dont la moitié de jeunes et d’adolescents. A l’image de ce qu’il avait initié pour la FFVoile, il met en place le dispositif « Je suis Jeune Colombophile » et crée avec ses amis le cahier ludique et pédagogique en rapport et totalement libre d’accès sur le site dédié de l’association.

Pour ses jeunes amateurs, l’Entente de Camargue a en effet créé un cahier pédagogique, qui vient en complément de ce qui est édité par la FCF pour les jeunes amateurs. « Nous avons retenu quelques principes à respecter dans la construction de ce document », peut-on lire sur le très riche site web de l’association, www.lecolombiercailaren.fr : « une seule page par mois qui pourra se compléter si nécessaire de petites annexes à thème ou de quizz; autant que possible une seule phrase par page, simple et évocatrice d’un seul thème ; une à trois photos maximum et choisies directement en rapport avec le thème du mois ; un message simple à comprendre avec un choix de mots porteurs d’une information succincte ; aucun enfant ne quitte le colombier collectif sans disposer au minimum d’un document ou d’un objet qui lui est remis lors de sa visite hebdomadaire. » Bref, une pédagogie adaptée et percutante.

À la question « Quelle autre association colombophile française peut se targuer de compter dans ses rangs une vingtaine de jeunes ? »  Lui vous dit : « Ce doit être possible à la condition de croire dans son projet et de tout mettre en œuvre pour y parvenir. Le constat est simple : la colombophilie est certes vieillissante mais porteuse de tellement de valeurs de citoyenneté et d’Histoire de France qu’elle mérite bien qu’on s’y attache dans un cadre associatif d’abord ludique mais aussi participatif. » Les contacts sont pris localement et les engagements suivent qui permettent à l’Entente Colombophile de Camargue de participer à tous les évènements festifs de son secteur géographique mais en prenant soin d’y associer toujours les ados Jeunes Colombophiles de l’Association.

À partir de là, les nouveaux contacts se multiplient sur la commune d’implantation et sur les communes voisines, puis sur le Département et même la Région Occitanie. Et cette fois, ce sont ces institutions elles-mêmes qui apportent leur propre contribution au développement de cette activité colombophile.

En 2020, juste avant la pandémie, l’Entente Colombophile organise un lâcher festif qu’elle fait animer par une de ses ados Jeune Colombophile, dans son propre collège, au cœur même de Montpellier, à l’occasion de la journée mondiale de l’enfant. Un joli succès que viendra compléter un an plus tard en avril 2021 cet autre lâcher festif dans les carrières de lumières au Baux de Provence pour Chanel et ses hôtesses. Et tant d’autre depuis permettant la vie de l’association.

Les installations de l’Entente colombophile de Camargue sont situées dans un parc d’un hectare, au Cailar dans le Gard. « Nous y avons installé sept colombiers, dont un pour les reproducteurs reçus en cadeau d’amateurs des Hauts-de-France, de Belgique, des Pays-Bas », détaille Paul-Edouard Despierres.À chaque colombier sa fonction : un pour les vieux, un pour les femelles, un pour les yearlings, un pour « les blancs », un pour les reproducteurs, sans oublier ceux pour l’organisation des « derby ».

Aujourd’hui La colonie compte 700 pigeons, soit un sacré boulot. « Mais cela va encore », relativise Paul-Edouard Despierres : « Chacun de nos jeunes colombophiles contribue chaque semaine à la maintenance et au suivi de cette colonie dont ils sont les propriétaires ». A leur arrivée, chaque ados se voit doter d’une vingtaine de pigeons voyageurs dont il devra assurer le suivi et la descendance.

Et puis, dépassant la seule localité d’implantation, ce sont maintenant deux conventions qui sont établies, la première avec le CEMA Guillaumet, de l’UNAPEI de Nîmes : deux fois par mois c’est une après-midi qui est organisée pour les jeunes et moins jeunes du CEMA encadrés par un éducateur. Et depuis ce début d’année 2022, c’est une seconde convention qui vient d’être signée avec l’Institut Médico Educatif IME de Jacou près de Montpellier où un éducateur membre de l’Entente Colombophile de Camargue y encadre une dizaine d’ados avec un tout nouveau colombier, installé comme véritable antenne de l’Entente Colombophile de Camargue avec une nouvelle dotation adaptée.

Pour le reste, Paul-Edouard Despierres et son Animateur de l’Entente, Stan Trzesien, semblent assurer : « c’est assez facile. Au plan matériel par exemple, nous avons tout automatisé pour les abreuvoirs, avec des goutteurs individuels installés dans chaque colombier ».

Que font les jeunes ?

Dans le cadre du colombier collectif, chaque jeune se voit doter sur place de vingt pigeons à son arrivée, bagués spécifiquement et leur permettant de les identifier rapidement. « Ce sont eux qui les choisissent. » Puis des compétitions internes sont organisées, en concours de société. « On pense un jour jouer avec la région, mais nous n’y sommes pas encore complétement prêts », confie Paul-Edouard Despierres. Chaque mercredi le matin et l’après-midi, les ados sont accueillis en deux groupes pour « causer » pigeons voyageurs et colombophilie, suivre leurs effectifs, préparer les concours et les mises en loge, etc… Avec une obligation : le caractère ludique ! « Chez nous, il n’y a pas de contraintes, pas de cours magistraux. Pour les adolescents, il faut vraiment que cela reste un jeu. Toutes nos après-midis se terminent aussi par un goûter. »

Particularité introduite en 2021 : chaque concours est maintenant doté par une entreprise locale qui s’est associée à nos activités, ou par tel ou tel musée colombophile contributeur de notre propre Petit Musée Antique du Pigeon Voyageur.

Les jeunes apprennent les rudiments du jeu et des soins. Sans oublier le patrimoine et l’histoire colombophiles. « Nous y sommes très attachés », revendique Paul-Edouard Despierres : « la colombophilie, c’est un pan de l’histoire de France. » Depuis deux ans et grâce à des dons, l’association a créé « un petit musée antique du pigeon voyageur », avec un blason dessiné et choisi par les jeunes. « Nous recherchons toute sorte de documents ou de matériels en rapport avec la colombophilie, des constateurs anciens, des vieux diplômes, des bagues antérieurs à 1950 pour les bagues françaises… », lance en appel Paul-Edouard Despierres : « les colombophiles qui nous offrent leurs souvenirs personnels, parfois ceux de leurs parents, doivent savoir que rien ne sera écarté ou jeté : les valeurs citoyennes que nous mettons en avant auprès des adolescents de notre association sont trop respectueuses de la mémoire d’histoire de tous ces colombophiles qui ont construit tout un pan de notre histoire colombophile. »

Qu’est-ce qui les motive ?

Être ensemble, certainement, au beau milieu de la nature, dans un parc naturel doté d’un plan d’eau de 1000 m2 au contact des animaux sédentaires et migrateurs aussi. Comment viennent-ils ? « Par le bouche-à-oreille », explique Paul-Edouard Despierres mais aussi parce que l’association se démène pour être visible. « C’est vrai que nous participons à toutes les activités festives municipales. Nous sommes dans un pays dédié à la bouvine, à la tauromachie et il faut s’y faire une place. » Chaque fois les Jeunes Colombophiles sont associés à toutes ces activités. Ce sont eux qui font visiter leurs colombiers et leur Petit Musée Antique du Pigeon Voyageur ouvert au public chaque mercredi et sur Rendez-Vous.

Pour se financer, l’association a aussi mis en place une activité « Colombe Events », des lâchers payants de pigeons blancs pour les mariages, départs à la retraite, séminaires, communions… Cela participe sans nul doute à faire connaître l’association : « nous avons un lâcher de ce type tous les quinze jours en moyenne », détaille Paul-Edouard Despierres. Preuve que l’Entente de Camargue est aujourd’hui un acteur essentiel de la colombophilie dans le Gard, elle a été sollicitée pour le tournage d’un clip d’un feuilleton télévisé à succès pour M6. Des centaines de ses pigeons ont été filmés aussi dans un lâcher promotionnel qui fera sans nul doute le tour du monde.

Le but de l’Entente de Camargue est d’abord d’intéresser les jeunes aux pigeons voyageurs : « notre idée, ce n’est pas d’être une fabrique de colombophiles mais de leur apporter une éducation citoyenne en rapport et dans un cadre associatif qui recueille l’adhésion des parents. » Sauf que, concrètement, cela a aussi des conséquences sur le devenir de la colombophilie locale : « deux adolescents ont construit leur propre colombier chez eux et avec leurs parents qui sont partie prenante de l’association. Quand c’est comme ça, c’est vrai que nous pouvons dire « on a gagné. »

Avec un rendez-vous hebdomadaire tout au long de l’année, avec depuis deux ans une Newsletter mensuelle disponible sur son propre site www.lecolombiercailaren.fr, l’Entente Colombophile de Camargue met un point d’honneur à participer et à honorer les demandes dont elle est destinataire. Aujourd’hui, au-delà de l’exposition régionale sur la colombophilie ancienne et contemporaine qu’elle organise à l’automne depuis 5 ans avec la contribution du colombier militaire du Mont Valérien, l’Association s’engage maintenant dans une activité extériorisée et pédagogique de vulgarisation de la colombophilie avec un colombier mobile financé conjointement par la Commune de 30740 Le Cailar et par le Conseil Départemental du Gard : Dès la rentrée prochaine, ce sont donc des visites systématiques qui seront organisées dans les écoles gardoises et au sein même de quelques collèges ciblés par le département du Gard.

Nos principes fondamentaux : une association d’abord ludique offrant sa place à chacun de ses membres dans un cadre naturel dénué de contraintes où chacun peut développer ce qu’il a envie de partager avec ses propres pigeons comme avec les autres membres de l’Association.

Entente Colombophile de Camargue, le Colombier Cailaren
11 Avenue Pasteur 30740 LE CAILAR

Licence FCF + adhésion : 45 euros / an

Mail : ententecolombophiledecamargue@gmail.com

Tel 06 26 71 29 11